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COVID-19: Une projection du nombre de cas et décès au Québec, erreurs et solutions

Où avons-nous échoué, pour ne pas répéter les mêmes erreurs?

Je tiens à remercier Mathieu W. Marchand, sur la collecte d’une partie du data, essentiel à la compréhension de cette démarche. Mathieu est CFA, économiste et scientifique de data.

Je déteste devoir parler de moi, mais puisque je m’apprête à me faire lancer des roches ou me faire traiter d’alarmiste, je tiens à préciser que ceci est un texte d’opinion. Ma bio: ici.

Enfin. Au risque de me tromper, ce texte n’engage que moi, vous pouvez faire vos propres recherches et conclusions.

Je vais employer une méthode de calcul assez simpliste. Noir sur blanc, le calcul des médianes de la période d’incubation, le retour des voyageurs comparativement et en corrélation à New York et en Italie, le délai entre l’apparition des premiers symptômes, le «lead time biais», en corrélation avec la courbe exponentielle en Italie et à New York, en me basant per capita, par habitants. Je fais une hypothèse sur les «données fantômes de la contamination» puisque nous ne connaissons pas le moment réel de contamination, ce sont des hypothèses.

Je tiens à dire que je ne prends absolument aucun plaisir à faire cet exercice, mais je trouve que c’est essentiel à ce stade-ci pour comprendre la progression du virus.

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Dans ce graphique nous voyons que le Québec suit la trajectoire médiane des autres pays lourdement affectés.

J’ai basé mon analyse sur trois critères:

1. Le retour de nos voyageurs comparativement à ceux de New York: c’était le 13, 14 et 15 mars, les aéroports à Chicago et New York étaient pleins, surtout le 15 mars, si vous vous rappelez.

Notre sommet pour le retour de nos voyageurs était entre le 16 et 20 mars, puis malheureusement, une autre vague plus tardive, les «snowbirds».

2. Il faut arrêter de se fier aux données actuelles à court terme («data»), ce n’est pas une bonne mesure du nombre réel de cas pour différentes raisons énoncées ci-bas. Il faut prévoir dans le temps les cas suspectés et potentiels, ainsi que le sommet de la contamination et ensuite appliqué le data du «lead time bias».

Le retard des tests au Québec a grandement affecté les chiffres qu’on nous a présentés ces derniers jours dans les médias.

Vous devez comprendre le principe de biais de délai «lead time bias», en plus des longs délais pour tester, voici une explication, selon les données cumulées par l’économiste Mathieu W. Marchand (source dans l’article cité plus bas):

«A. Le délai entre l’apparition des premiers symptômes et une confirmation par radiographie d’une pneumonie causée par le Covid-19 varie entre 3 à 7 jours (médiane 5 jours).

B. Le délai entre les symptômes et l’admission aux soins intensifs varie de 7 à 14 jours (médiane 11 jours).

C. Le délai entre l’admission aux soins intensifs et la mort varie de 3 à 11 jours (médiane 7 jours).

D. La victime médiane meurt donc 18 jours après les premiers symptômes (variation de 10 à 25 jours).

E. La victime médiane meurt donc 24 jours après avoir été contaminée (variation de 13 à 39 jours).

Les 10 morts au Québec, du 27 mars ont donc été contaminés autour du 3 mars (avec une fenêtre allant du 17 février au 14 mars).

Ils ont eu leurs premiers symptômes autour du 9 mars et ont été détectés officiellement aux environs du 14 mars.»

Je ne veux pas être porteur de mauvaises nouvelles, je tiens à répéter que je ne prends pas du tout plaisir à analyser ces chiffres; nous parlons ici de morts, de tragédies familiales. J’ai énormément d’empathie pour les victimes, mais je suis de ceux qui croient que les gens doivent comprendre la gravité de la situation et absolument rester chez eux, plus on minimalise l’impact, plus les gens vont sortir, et c’est ce qui est arrivé.

3. Dans ma compréhension, la pire fin de semaine de contamination au Québec, fut celle du 14-15 mars. Je me base sur trois critères.

Premièrement, la semaine de relâche a amené bon nombre de Québécois à voyager à travers le monde, contribuant à leur retour précipité, ça a contribué à la propagation du virus.

Deuxièmement, les gens se promenaient beaucoup pendant cette fin de semaine, il n’y avait pas encore de confinement.

Troisièmement, ça coïncide avec le début du retour des voyageurs, suite à l’annonce du Ministre Champagne le 13 mars.

Les Québécois sont aussi massivement aller faire leurs courses pendant cette fin de semaine, les Costco débordaient. Ce n’est qu’une hypothèse, mais c’est disons une conjoncture parfaite pour la pandémie.

Ensuite, la semaine du 16-23 mars fut tout aussi dévastatrice en terme de contagion, il n’y avait toujours pas de confinement obligatoire, rappelons que Québec a fermé ses entreprises, seulement le 23 mars dernier.

Pendant une pandémie, un cocktail terrible pour augmenter la contamination, c’est de faire revenir des dizaines de milliers de voyageurs, pendant que la population n’est toujours pas en confinement. Une grave erreur de nos experts au fédéral.

Mon hypothèse, là où il y a eu le plus de contamination, c’est dans les avions et aéroports, et ensuite lorsque la population s’est mélangée dans les transports publics, épiceries et autres lieux.

Donc, nous savons dans le point [2] qu’il y a une médiane de 5 jours pour les premiers symptômes, à partir du 19 mars environ (médiane des voyageurs). Ça nous amène au 24 mars pour le début des hospitalisations.

À ce moment, malgré que le gouvernement ait dit que ça prenait de 24-48 heures pour se faire tester, pour certains, selon de nombreuses sources, ça a pris jusqu’à 5 jours se faire tester et recevoir les résultats.

Le 13 mars, nous ne faisions que 400 tests par jour au Québec.

Ça nous amène donc à aujourd’hui, au 29 mars.

D’après mon analyse, il y aura une explosion de cas au Québec entre le 30 mars et le 10 avril 2020. Et les gens comprendront que, per capita, nous nous situons dans la moyenne européenne, nous ne faisons pas mieux, nous accusons simplement un retard, lorsqu’on effectue une corrélation entre notre courbe et celles des autres pays, nous ne faisons pas mieux, si on se fie aux données futures, et non aux données biaisées actuelles. Il y a un long biais de délai, comparativement à l’Allemagne, l’Autriche ou la Corée du Sud, pour ne nommer qu’eux.

Je suis triste de croire qu’il y aura malheureusement, selon mes calculs, une forte augmentation de cas et de décès vers le 15 avril, en me fiant au biais de délai.

Puisque la contamination se fait dans les aéroports et avions, et que le pic de la contamination était d’après moi vers la fin de semaine du 20-21-22 mars. Le pic des décès sera vers le 14 avril et 15 avril, à mon avis. 24 jours (médiane) entre la contamination et le décès.

Le confinement a pris beaucoup trop de temps.

14 mars 2020 – Ottawa (Ontario) Les vols commerciaux seront bientôt moins nombreux dans le ciel, prévient le ministre des Affaires étrangères du Canada, François-Philippe Champagne. Il exhorte donc les Canadiens à rentrer à la maison pendant qu’il en est encore temps.

Je crois que l’autre erreur gravissime, malheureusement, est le fait que les voyageurs sont revenus tous en même temps, dans une économie qui était ouverte, sans aucunes mesures de précaution aux aéroports, lorsqu’il n’y avait pas de confinement obligatoire.

Le 22 mars, utilisant la même méthodologie des comparables des autres courbes exponentielles, j’avais avancé, que nous aurions 2000 cas le 28 mars au Québec. (Voir ma projection sur l’Espagne par exemple).

J’évalue maintenant que nous aurons environ 15,000 cas le 15 avril au Québec et une forte augmentation du nombre de décès. C’est un nombre de cas per capita moyen.

Encore, une fois, ça m’attriste grandement, j’ai des proches dans mon entourage qui sont à risque, qui travaillent en santé, je crois par-dessus tout que toutes ces erreurs du gouvernement fédéral, feront en sorte, qu’il y aura une grande augmentation des cas. Ces erreurs se quantifieront en centaines de morts additionnels et une surcharge de notre capacité dans nos hôpitaux.

Ça reste un scénario hypothétique basé sur différentes médianes, il y a d’autres critères qui entrent en compte.

Malgré TOUTE ÇÂ, après çâ, ça vâ bien aller. On est enfin en confinement.

Solutions

J’aimerais citer Michel Seymour,  le philosophe Michel Seymour, professeur québécois, pour la suite des choses:

«Nous avons opté pour un dépistage ciblant les personnes venant de l’étranger ainsi que celles ayant été en contact avec elles. Cette «stratégie» était peut-être la seule possible étant donné le manque de ressources en masques, kits de test, centres de dépistage, laboratoires d’analyse et respirateurs. Telle a été notre erreur. Nous aurions dû suivre les recommandations de l’OMS et nous aurions dû nous préparer à l’avance en nous dotant d’une infrastructure appropriée.

Si malgré tout nous parvenons à contrôler la propagation du virus, ce ne sera pas à cause de notre méthode de dépistage, mais bien à cause du confinement. On ne peut toutefois pas rester confiné pendant six mois, alors que faire?

Maintenant que l’infrastructure est en place, il faudra procéder à un dépistage systématique de toute personne présentant des symptômes une fois passé les 14 jours après la disparition de tous les cas identifiés, et confiner les personnes dont le test est positif pour permettre aux autres de retourner au travail en toute sécurité.
Il faudra aussi maintenir l’infrastructure en place en prévision de la prochaine pandémie qui ne manquera pas de survenir. La destruction de la biodiversité (résultat d’un capitalisme sauvage) va provoquer des pandémies à répétition dans les prochaines années. »


Méthodologie: le data sur le nombre de cas, les dates du retour des voyageurs sont prises selon les différentes annonces de nos gouvernements, je me suis basé sur les chiffres et les nombres de cas déclarés par le gouvernement. Pour la valeur temps, je me suis fié aux différents communiqués de presse.

Nous reviendrons, Mathieu W. Marchand et moi avec une méthodologie de calcul plus spécifique, sur la contamination et le retour des voyageurs pour justifier ma projection.

Source: Pour les médianes, j’invite les gens à consulter  cet article de l’économiste Mathieu W. Marchand:

Source: https://www.lapresse.ca/covid-19/202003/14/01-5264662-ottawa-recommande-aux-canadiens-de-rentrer-au-pays.php

Pour en finir avec la discrimination entourant le COVID19

C’est facile de pointer du doigt, n’est-ce pas?

Le voyageur qui sort de chez lui serait criminel, mais il a droit de prendre une marche en respectant la distanciation de 2 mètres? Qu’arrive-t-il s’il contamine un ascenseur en se rendant à l’extérieur, une rampe d’escalier? Qu’en est-il de tous ceux qui ne reviennent pas de voyage, mais qui ont des symptômes s’apparentant à la grippe et se promènent partout, sans écouter les conseils? À quel point cette loi est discriminatoire et mal pensée?

Différents juristes mentionnent que cette loi pourrait être anticonstitutionnelle, laissant trop de place à la discrimination, à l’interprétation, et ne serait pas applicable. Elle servirait juste à faire peur? Depuis quand utilisons-nous la loi, le code criminel, pour faire peur et faire passer un message au Canada?

Celui qui a des symptômes et qui sort dehors, va prendre le métro, est aussi coupable de négligence que celui qui revient de voyage. Celui qui n’a pas de symptômes ici et qui s’est promené partout depuis le début du mois de Mars, est selon toute évidence aussi coupable de négligence criminelle. Le personnel hospitalier présentement se promène dans les transports en commun, ils n’ont pas le choix pour sauver des vies, mais à ce stade-ci, à mon humble avis, si tu penses que toi, vu que t’es pas allez en voyage, tu es immunisé, ou bien que tu ne peux pas le donner le fameux COVID-19, bien tu te trompes.

Si tu toussais dans un métro la semaine dernière, toi qui étais dans un bar avec la gorge qui pique, il y a deux semaines, toi bon citoyen qui n’a pas voyagé, toi qui se rendais dans des lieux de rassemblement, tu es aussi négligeant que tout le monde. Ça fait plusieurs fois que les experts le répètent, une grande majorité des citoyens qui ont le virus, sont asymptomatiques et contagieux. T’es aussi négligent que le voyageur qui lui est forcé à respecter une quarantaine. En France, ce n’est pas noir ou blanc, c’est toute la population qui est confinée obligatoirement. Une loi beaucoup plus efficace.

Retour des voyageurs

Les voyageurs ont commencé à revenir massivement du 5 au 20 Mars 2020. Pensez-y. Les restaurants, les centres d’achats et les épiceries étaient bondés de gens la fin de semaine du 7 et du 14 Mars. Fallait y penser avant avant de laisser l’économie ouverte, garder les commerces ouverts. Pendant que dans presque tous les pays d’Europe, ils avaient déjà décrété l’État d’urgence. Le gouvernement se déresponsabilise.

Arrêtez cette grande hypocrisie. Ça ne veut pas dire que tu dois sortir dehors en ce moment, reste chez vous! Les médecins et hôpitaux ont besoin de temps et ont une capacité maximale d’opérations. Le gouverneur de New York Cuomo a mentionné que 80% des citoyens devraient avoir le virus. Tout le monde va l’avoir le virus, lorsqu’on a fait le choix de maintenir l’économie, et proposer le confinement volontaire, le gouvernement savait très bien ce qui s’en venait.

S’il y a une augmentation du nombre de cas, ce n’est pas seulement la faute des voyageurs, nos gouvernements ont une immense part de responsabilité, surtout au fédéral. Le gouvernement tente de se déresponsabiliser en mettant la faute sur les citoyens.

Arrêtez votre discrimination. C’est dangereux légalement et constitutionnellement.

C’est quoi cette histoire? Les voyageurs rentrant et les personnes démunies présentement qui ne peuvent pas faire l’épicerie, ce sont vos nouveaux musulmans, ce sont vos nouveaux migrants? On va bientôt, surnommer nous-aussi le COVID-19, le virus chinois?

Petit peuple.

Tu tousses, mais en cachette, t’es allé chez Jean Coutu? T’étais tanné de te torcher avec des filtres à café. Toi aussi t’es un criminel?

Épuisé par tes multiples demandes d’aides infructueuses au gouvernement, afin de nourrir ta famille, tu as osé aller à l’épicerie, malgré des symptômes s’apparentant à la grippe? Au bûcher.

T’as pu une cenne? T’as eu peur d’en manquer? Je te comprends. Je le répète, il ne faut pas que tu sortes de chez toi.

Le gouvernement fédéral ne t’as pas aidé à l’aéroport, quand ça faisait une semaine que tu paniquais, que t’étais pogné au Maroc, que ton hotel a fermé en République Dominicaine, tu as peur d’avoir le virus, mais tu ne peux pas te faire tester?

Tu dois absolument être en quarantaine pour protéger les autres. Çâ, c’est une certitude. Je le répète, restez chez vous, respectez les mesures sanitaires!

Mais, là où j’ai un problème, c’est que tu n’aurais jamais dû avoir à te débrouiller seul.
Ce que le gouvernement a fait dans nos aéroports canadiennes, c’est un vrai scandale, donner un bout de papier, une tape dans le dos, et tout le monde rentre chez eux en transport en commun? Comment voulez-vous que les gens restent chez eux, si on les aide pas, et ce immédiatement?

Aucune présence militaire ou paramilitaire? Aucune aide financière immédiate? «Arrangez-vous, on est débordé, bonne chance. Si vous n’écoutez pas, c’est la prison.» Dans quel film d’horreur on est là, c’est une version cheap de 1984?

Pas de tests pas de cas

Le gouvernement n’a pas pensé tester il y a un mois, et maintenant, il n’a pas pensé à aider les gens dans marde.

C’est de la politique de rattrapage, lâchez-moi avec vos mesures punitives. Le gouvernement tente de se déresponsabiliser présentement en mettant tout le fardeau sur les citoyens fautifs.

Le gouvernement  fédéral a décidé de ne pas utiliser l’armée pour approvisionner les gens dans le besoin. Laissant le privé se débrouiller avec tout ce bordel.

Nous savions dès janvier que la pandémie s’en venait au Canada. La communauté scientifique depuis janvier le mentionne, tester, tester, tester.

Nous savions que tester rapidement et massivement dès le début, isoler un certain temps les voyageurs, les aider, leur donner un hotel à l’étranger, un lit, en mettant en quarantaine les positifs et contrôler strictement les entrées au pays, était la solution. Il fallait aider le secteur privé, les épiceries, les compagnies aériennes, et ce rapidement. Rien de tout ça à été fait, et maintenant, vous voulez emprisonnez les citoyens pour négligence criminelle? C’est le ministère des affaires étrangères qui devrait être accusé de négligence criminelle.

Présentement, c’est impossible de recevoir de l’aide, ça prend deux semaines avant de recevoir une épicerie en ligne. C’est d’un ridicule infinie. Au Vietnam, un pays presque du tiers monde, les voyageurs reçoivent des denrées et de l’aide gouvernementale immédiate. C’est aussi le cas, en Allemagne, en Autriche, par exemple.

Chers gouvernements, prenez donc vos responsabilités, avouez donc vos erreurs à place de répéter que vous faites mieux que les États-Unis. Quand on se compare, on se console?

«Mario, Mario, regarde par la fenêtre, as-tu vu Ginette, elle tousse, je l’ai vue la semaine dernière aller chez IGA. Appelle-la police.»

 

Rome a décrété l’État d’urgence le 31 Janvier 2020.

 

Le premier ministre vient de dire dans son point de presse: «au Québec, on est dans les pays qui font le plus de tests per capita». Oui, mais depuis quand? Depuis aujourd’hui?

C’est de la rhétorique! On manipule les chiffres. C’est le même discours au fédéral.

Il y a deux semaines, le 13 Mars, nous faisions que 400 tests par jour au Québec. 400! Nous n’étions pas dans les pays qui faisaient le plus de tests. Loin de là! Il ne faut pas commencer à tester la population à 1000 cas, il faut commencer à tester à 100 cas. Ce capital politique, ça doit cesser.

Sortez-nous le nombre de tests effectués entre le 1er et le 15 Mars au Québec pour le fun? Lorsque les voyageurs sont revenus au pays, laissés à eux-mêmes, sans aide.  Ça suffit la bullshit.

Si le gouvernement a peu testé, il y a trois semaines, c’est qu’il a sous-estimé la crise. Il n’a pas planifié: notre système de santé avait déjà une capacité limite, nous avons pas suffisamment de labos, vous accusez les gens de voler des masques dans les hôpitaux, mais comment se fait-il que nous manquions de masques au Québec et ce, avec le montant d’impôts qu’on donne à Santé Québec à chaque année?

 

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Le Vietnam, l’Autriche, l’Allemagne étaient capables de tester sa population en février, pas nous? Vous voulez rire de nous?

C’est facile de pointer du doigt, la petite famille qui revient de la Floride, qui a travaillé toute l’année pour se payer des vacances, c’est facile de les pointer du doigt, eux qui essaient maintenant de faire une épicerie en ligne depuis 10 jours sans succès. Le mari sur son laptop qui sacre, qui vient de perdre sa job, pendant que sa femme Monique attend au téléphone depuis 2 jours. Avec le petit Loïc qui pleure depuis trois heures none-stop.

Je redemande après avoir écrit à mes députés, au ministre Garneau, au ministre Champagne, sans réponse, d’aider les voyageurs, et pour de vrai, arrêtez de mentir, arrêtez de dire que vous avez aidé le monde, vous le faites pas. Vous avez laissé les gens à eux-mêmes dans les aéroports, vous avez même pas offert un panier d’épicerie aux citoyens dans le besoin.

Je le répète, le ministère des affaires étrangères et le gouvernement Trudeau ont échoué lamentablement dans sa gestion de crise. Je ne fais pas de politique, je ne fais pas de partisanerie, j’en ai rien à cirer, je fais un constat, arrêtez de vous empiffrer avec tout ce qu’on vous raconte à Radio-Canada, pendant le point de presse de Trudeau.

C’est facile de ne pas comprendre la réalité de la dame de 85 ans, qui s’en contre-calice de mourir, elle qui est pognée chez elle, seule, maintenant qu’elle ne peut plus aller prendre sa petite marche, boire son petit café au Tim Hortons. Heye, envoyez donc un autre message de Dodo, Dodo tabarnac, Dominique Champagne pour les rassurer nos aînés. Envoyez-leur surtout pas une épicerie rapidement, envoyez-leur un message automatisé de Bernard Derome. Ça arrête quand ce cauchemar?

 

Vous voulez emprisonner le voyageur qui respecte pas la quarantaine, mais pas celui qui tousse dans le métro depuis deux semaines, voyons tabarnac? Où sont rendus nos principes de droit? C’est toute une nouvelle littérature juridique qu’on est en train d’écrire, un brouillon, un torchon.

Vous voulez emprisonner le monde après avoir laissé Air Canada monter ses prix à 2500 euros pour rentrer à la maison? Sans même leur donner une esti de miche de pain, un rouleau de papier de toilette.

Vous voulez faire ça après que les ambassades aient eu comme mot d’ordre de dire aux gens qu’ils s’arrangent avec leurs compagnies aériennes?

 

C’est donc facile de punir et sévir le monde quand on a complètement échoué sa gestion de crise. Vous me dégoûtez.

Pas de tests, pas de cas, pas de confinement, les gens comprennent pas!

 

Si le gouvernement a peu testé il y a deux semaines, c’est qu’il a sous-estimé la crise. Il a mal pas planifié l’envergure de la pandémie. La démocratie est lourde au Québec, il faut passer par le «système», le lobby pharmaceutique, les brevets, les commandes, acheter tests kits. Il y a de longs délais en laboratoires, c’est sous-financé. Ce sont de longs délais administratifs mettant en danger la population. Notre système de santé a une capacité maximale.

Ça semble facile pour le gouvernement canadien de ne pas prendre ses responsabilités.

Comme citoyen canadien, je me suis senti sans ressources à l’étranger, sais aide. Je demande la destitution du ministre des Affaires étrangères, le ministre Champagne, je demande comme vulgaire citoyen qu’on repense totalement comment nous aidons les Canadiens à l’étranger, comment nous rapatrions les Canadiens de l’étranger, en temps de pandémie, de l’aéroport jusqu’à chez eux, en s’assurant qu’ils ne manquent de rien et qu’ils risquent de contaminer personne.

Si vous pouvez financer les sables bitumineux, vous pouvez protéger les Canadiens.

 

Richard Martineau, une poursuite, sérieusement?

Pour être honnête, je n’étais pas surpris, ce matin, lorsque j’ai appris la nouvelle.

«Le chroniqueur du Journal de Montréal Richard Martineau poursuit en diffamation le média web Ricochet, son chroniqueur Marc-André Cyr et le caricaturiste Alexandre Fatta pour le texte «Notice nécrologique : Richard Martineau (1961-2016)» et les caricatures qui l’accompagnent.»

Il y a fort à parier que notre «Richard national» préparait son coup depuis longtemps! C’était prévisible qu’un des chroniqueurs du JDM allait abandonner le débat public et la guerre d’idées, pour se tourner vers les tribunaux. Il y a quelques jours, Mathieu Bock-Côté (MBC) mettait la table en demandant la sympathie du public pour le pauvre Richard en signant: À la défense de Richard Martineau. L’autre membre du quatuor, Lise Ravary, avait préparé le terrain de cette poursuite en février avec: Rendus à fantasmer sur la mort de quelqu’un ? Une vraie lune de miel cette gang là, des amis qui se caressent le cerveau constamment, autour d’une bonne bouteille de vin.

Soyons francs, nous le savons tous que cette poursuite est une accumulation de frustrations et une vengeance. C’est un autre chapitre de cette guerre idéologique, cette querelle interminable entre les chroniqueurs de gauche, les écrivains, les universitaires, les philosophes, les enseignants, les intellectuels ET le quatuor du Journal de Montréal et leurs mangeurs de popcorn.

À mon avis, la réputation du chroniqueur n’est pas entachée. Son intégrité non plus. Tu ne peux pas être un chroniqueur polémiste et poursuivre tes opposants pour un texte satirique. Honnêtement, c’est comme si Mike Ward poursuivait un chroniqueur pour diffamation. J’ai beau avoir lu le texte de Marc-André Cyr deux fois, d’un point de vue juridique, elle est où «l’incitation à la haine» et «l’atteinte intentionnelle à la réputation, l’honneur et l’intégrité»? On parle bien de la réputation de Richard Martineau? Cette ancre rouillée dans les fonds marins qui oxyde aux côtés du trésor de Barbe-Noire, de l’épave du Titanic et des minutes de punition des frères Hanson.

Et pour ce qui est des caricatures, Richard Martineau avait pourtant défendu la liberté d’expression dans le dossier de Charlie Hebdo: «Reste qu’ici, la liberté d’expression est à ce prix… Le droit au mauvais goût est protégé… On a le droit de CRITIQUER ou de RIDICULISER N’IMPORTE QUELLE IDÉOLOGIE, N’IMPORTE QUELLE IDÉE, N’IMPORTE QUEL DOGME ET N’IMPORTE QUELLE RELIGION.» Ce qui est bon pour minou, n’est pas bon pour pitou? (Désolé pour les MAJUSCULES, il écrit comme ça Martineau).

Richard avait aussi écrit: «la liberté de tenir des propos choquants, détestables et impopulaires… Si tout le monde pensait pareil, on n’aurait pas besoin de protéger la liberté d’expression! » C’est tellement contradictoire avec sa poursuite. Le tribunal a vraiment retenu cette plainte remplie d’incongruités et de paradoxes avec le poursuivant? C’est sérieux tout ça? Dites-moi que c’est un coup de publicité pour mousser les ventes du JDM dans les prochaines semaines.

Soyons sérieux, cette poursuite, c’est une riposte de Martineau et ses amis chroniqueurs devant leurs adversaires. Selon les chroniqueurs du JDM, les milliers d’accusations envers eux ne sont jamais justifiées. Manque de rigueur intellectuelle. Manque d’éthique journalistique. Rhétorique. Amalgames. Démagogie. Polémique. Division. Incitation à la haine. «Enwèye Richard, tout le journal est derrière toi, l’opportunité est bonne, c’est l’occasion de poursuivre Ricochet, ils vont baver les gratteux de guitares».

L’objectif de cette poursuite-bâillon, ce n’est pas de défendre l’intégrité, la réputation et l’honneur de Richard Martineau. Cette poursuite, c’est celle d’un homme vaincu, d’un arroseur arrosé, c’est le pire des réflexes, c’est l’ultime bassesse comme chroniqueur face aux critiques de ses pairs, face à tous ces gens qui ne sont plus capables de lire ou d’entendre les stupidités du célèbre chroniqueur. Tu ne veux plus jouer à ton jeu préféré Richard? Toi qui as passé ta carrière à écœurer et provoquer le monde?

Est-ce que Richard Martineau s’est levé un bon matin et s’est dit: «Ils veulent me faire chier les petits criss de gauchistes, vous voulez me faire chier les bobos, les bizounours et les intellos, BEN TIN TOÉ, je vais poursuivre Ricochet et ses fondateurs étudiants, ce journal de gauche et Marc-André Cyr. Terminé la Sangria. MOUAHAHAHHAHA.» La cible est parfaite. Ce texte. Ce journal. La Rolls Royce des médias de gauche comme l’avait dit Ravary.

Heureusement, j’ai espoir que les tribunaux en savent suffisamment sur le passé de Richard Martineau et ses déboires dans les journaux pour comprendre que ce n’est pas un cas de diffamation. Richard Martineau est probablement le chroniqueur le plus polémique de notre génération. Il le sait très bien. Son style provocateur divise, ses lecteurs aiment ce genre de climat, c’est drôle, c’est divertissant. Son employeur arrive à vendre de la publicité grâce à «ça». Ce ne sont certainement pas ses capacités d’analyse ou la finesse de sa plume qui sont vendeurs. Le Journal de Montréal n’irait quand même pas jusqu’à niveler par le haut.

Richard Martineau en a marre des critiques? Après avoir insulté presque la totalité des gens chez Radio-Canada, après avoir dit que c’était des «mangeux de merde», après avoir dit que Daniel Thibault était un être dégueulasse et un intimidateur. Après avoir passé deux ans à rire des étudiants et Gabriel Nadeau Dubois. Après avoir traité Louis T. d’imbécile et insulté Alain Gravel et Guillaume Wagner sur les ondes de sa radio poubelle. Sans oublier ses propos envers la communauté musulmane. Après avoir signé des textes comme «les filles, c’est nono». Après son apparition à LCN en burqa. Après tout ça. L’homme ne s’attend pas à quelques répliques dans les journaux?

Franchement, Martineau !

Trêve entre inclusifs et identitaires: place au Québec libre

2 octobre 2016 | Roméo Bouchard | Jean-François Hotte | Québec

Jean-François Hotte,  27 ans, génération Y, Star Wars, Montréal.

Étiquette : sale inclusif et bizounours. Indépendantiste.

Roméo Bouchard, 80 ans, génération préboomers, Star Trek, région du Bas-St-Laurent.

Étiquette : vieil identitaire, vilain perdant des deux référendums. Indépendantiste.

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Maripier Morin et Winston McQuade. Même combat.

Des victimes de la société, le temps d’une campagne publicitaire.

Je ressens toujours un profond malaise lorsqu’un publicitaire ou une grande entreprise récupère des enjeux sociaux le temps d’une publicité. Afin de célébrer le 40ième anniversaire de Greiche & Scaff, l’audace des marketeux a monté d’un cran. Lire la suite Maripier Morin et Winston McQuade. Même combat.

2034, ma vision pessimiste de l’humanité.

Ce que vous allez lire n’engage que moi, loin d’être un scientifique ou le prochain Nostradamus. À titre d’être humain, je m’efforce d’imaginer un monde meilleur, un monde plus pacifique où il fera bon vivre. Il y a plusieurs enjeux majeurs qui dessineront le futur, des défis d’une envergure mondiale.

Sur le balcon, je fume une cigarette. Déjà là, je n’écoute pas les médecins qui me disent qu’il y a des risques que j’en meure du cancer. Un comportement très humain. On arrête de fumer, seulement lorsqu’on souffre. Les fêtards sont retournés se coucher, bien bourrés, je n’entends plus la musique et le piochage chez mes voisins. Il y a quelques adultes qui jouent à Pokémon Go sur le trottoir, des sédiments perdus du dernier rassemblement, pas loin du Métro Atwater.

Lire la suite 2034, ma vision pessimiste de l’humanité.

Le nationalisme pure laine.

Avertissement : Ce texte s’adresse à une minorité de souverainistes au Québec. Une minorité grandissante. Le discernement du lecteur est conseillé.

C’est toujours fascinant, ces fameux messages de gens courageux, qu’on reçoit en privé sur Facebook.

«Je pensais que t’étais de notre bord, t’es du bord des immigrants», «Bon succès dans les petites ligues du Plateau Mont-Royal.», «tu défends les musulmans?», «malgré que vous soyez doué d’un certain talent de plume pour décrire la réalité. C’en est trop. Adios amigo. Je me désabonne.»

Merde, on est plus amis? Terminé la lune de miel?

Quand c’est rendu que des dames et des messieurs dans la soixantaine, m’envoie des discours d’imams sur Facebook, au lieu de profiter de la vie et du soleil, c’est qu’on a frappé le fond comme société. J’ai reçu au moins une dizaine de vidéos d’intégristes de différentes personnes. «Regarde! Tu as vu le vidéo, c’est ça le véritable visage de  l’Islam. On ne peut pas laisser entrer des musulmans ici !» Sincèrement, où s’en va le Québec? À quel point avons-nous besoin de cette haine envers l’autre pour se sentir rassuré? Est-ce qu’on peut recommencer à parler du Québec, de l’économie, de l’austérité et des enjeux pressants pour notre province?

Lire la suite Le nationalisme pure laine.

Dallas. Quand on se compare, on se console.

Dallas. Nuit de jeudi à vendredi. À la suite du décès d’Alton Sterling et Philando Castile, une manifestation violente a éclaté. Cinq policiers sont morts, douze policiers blessés par balle. Un sniper comme suspect. C’était prévisible. Le quotidien aux États-Unis.

Je pense à ces deux hommes qui sont morts et aux Lire la suite Dallas. Quand on se compare, on se console.

Allez-y, tirez, il saigne encore.

Guy Turcotte s’est fait attaquer en prison. Le peuple s’est réjoui. Enfin! Un sentiment de satisfaction, une nouvelle rafraichissante dans cette chaleur accablante. Ce soir, inutile de démarrer l’air conditionné. Devant Facebook, loin du tribunal, loin des pénitenciers, loin des asiles psychiatriques, les lyncheurs de l’opinion publique sont de nouveau prêts à jacasser.

Dans la dernière décennie, il y a eu davantage de vues, de commentaires et de publications sur Guy Turcotte que sur les changements climatiques et la corruption politique au Québec. Ce n’est pas rien. Les médias savent vendre des journaux. Il faut écraser la corde sensible comme de la menthe pour servir des mojitos bien juteux, c’est plus appétissant que le lave-vitre. Changer le monde, à quoi bon? La vie d’un seul homme sur 8,5 millions mérite beaucoup plus d’attention.

«J’aimerais le voir se faire enculer jusqu’à ce que ses yeux lui sortent par la tête» — Ginette, Verdun 312 likes «Dommage qu’il ne soit pas mort.» — Steve, Drummondville 200 likes «Tes enfants ne méritaient pas ce que tu leur a fait donc assume tes actes et fais toi sodomiser à mort ont ce calisse de toi tu es juste un tueur d’enfants» — Ken Michaud, ville de Québec. 253 likes

Allez-y, tirez, il saigne encore. Dépêchez-vous avant que quelqu’un le remplace.

C’est facile de frapper sur un homme anéanti, ça donne l’impression d’être une bonne personne. Quel courage, j’aimerais être un semi-dieu, immunisé devant la dérive. J’aimerais tellement penser que ça ne pourrait pas m’arriver à moi ou un membre de ma famille. J’aimerais être immunisé à la folie, aux drames et à la démence. Le sang sur les dents, plus, toujours plus. Mordillez en meute, jusqu’à la moelle, notre société n’a jamais été aussi malade, justement. Il faut répondre à la barbarie, par la barbarie. Il faut répondre à la violence, par la violence.

Jugez le meurtrier, c’est votre droit. Votre opinion vous appartient. Mais, n’oubliez jamais que juger le meurtrier, c’est escamoter la plus grande des violences, plutôt que de comprendre. C’est brûler les pages du roman avec cette certitude dérisoire de l’ignorant qui croit tout savoir. Celle qui envenime les drames, au lieu de tendre la main. C’est une réponse incompréhensible, c’est la peur d’avouer que le pire assassin nous ressemble. Guy Turcotte est un homme anéanti, détruit, un homme mort. À chaque nouvelle, la basse-cour se remet à jacasser. Vous êtes tellement courageux. J’aimerais être comme vous. Il n’y a pas d’âge pour comprendre que la raison peut basculer du jour au lendemain. Il n’y a pas d’âge pour se rendre compte que, dans chaque être humain, il y a du mal. Il n’y a pas d’âge pour comprendre que derrière les apparences trompeuses se cachent de grands drames.

Est-ce satisfaisant? Guy Turcotte est déjà mort. Il se réveille probablement chaque matin, la tête dans son cul, lorsqu’il n’est pas médicamenté. Pour ne plus rien sentir du tout.

Allez-y, réjouissez-vous, il saigne encore. Il faut faire vite. Bientôt, il y aura un prochain bouc émissaire à lapider, pour satisfaire vos besoins les plus nauséabonds.


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Capture d’écran du Journal de Mourréal. Site satirique.


Mise à jour. Dimanche, 19 juin, 21 h 20

C’est reparti. Certaines personnes m’accusent d’être insensible. Dois-je vraiment me justifier? Le sujet de ce texte ne porte pas sur le meurtre. On me rappelle à quel point ce drame est triste, les coups de couteaux, le profil du tueur, les petits anges. Ce texte ne parle pas de ça, sans les oublier.

Tout a déjà été dit.  Le sujet de ce texte est ailleurs. Je ne me questionne plus sur le geste, sur le trouble d’adaptation ou sur la folie passagère. C’est unanime, ce qui est survenu dans la nuit du 20 février 2009, à Prévost, est d’une grande tristesse.

Évidemment, je ne défends pas ce meurtrier, c’est indéfendable. Je me questionne sur notre société, sur le jugement qu’on porte aux drames. Je cogite sur ce désir de vengeance. Bref, deux petites lectures sur le sujet, Comment Devenir Un Monstre de Jean Barbe et l’Étranger ou La Chute de Camus. Je retourne dans ma grotte, défendre les prisonniers.