Archives pour la catégorie International

Pour en finir avec la discrimination entourant le COVID19

C’est facile de pointer du doigt, n’est-ce pas?

Le voyageur qui sort de chez lui serait criminel, mais il a droit de prendre une marche en respectant la distanciation de 2 mètres? Qu’arrive-t-il s’il contamine un ascenseur en se rendant à l’extérieur, une rampe d’escalier? Qu’en est-il de tous ceux qui ne reviennent pas de voyage, mais qui ont des symptômes s’apparentant à la grippe et se promènent partout, sans écouter les conseils? À quel point cette loi est discriminatoire et mal pensée?

Différents juristes mentionnent que cette loi pourrait être anticonstitutionnelle, laissant trop de place à la discrimination, à l’interprétation, et ne serait pas applicable. Elle servirait juste à faire peur? Depuis quand utilisons-nous la loi, le code criminel, pour faire peur et faire passer un message au Canada?

Celui qui a des symptômes et qui sort dehors, va prendre le métro, est aussi coupable de négligence que celui qui revient de voyage. Celui qui n’a pas de symptômes ici et qui s’est promené partout depuis le début du mois de Mars, est selon toute évidence aussi coupable de négligence criminelle. Le personnel hospitalier présentement se promène dans les transports en commun, ils n’ont pas le choix pour sauver des vies, mais à ce stade-ci, à mon humble avis, si tu penses que toi, vu que t’es pas allez en voyage, tu es immunisé, ou bien que tu ne peux pas le donner le fameux COVID-19, bien tu te trompes.

Si tu toussais dans un métro la semaine dernière, toi qui étais dans un bar avec la gorge qui pique, il y a deux semaines, toi bon citoyen qui n’a pas voyagé, toi qui se rendais dans des lieux de rassemblement, tu es aussi négligeant que tout le monde. Ça fait plusieurs fois que les experts le répètent, une grande majorité des citoyens qui ont le virus, sont asymptomatiques et contagieux. T’es aussi négligent que le voyageur qui lui est forcé à respecter une quarantaine. En France, ce n’est pas noir ou blanc, c’est toute la population qui est confinée obligatoirement. Une loi beaucoup plus efficace.

Retour des voyageurs

Les voyageurs ont commencé à revenir massivement du 5 au 20 Mars 2020. Pensez-y. Les restaurants, les centres d’achats et les épiceries étaient bondés de gens la fin de semaine du 7 et du 14 Mars. Fallait y penser avant avant de laisser l’économie ouverte, garder les commerces ouverts. Pendant que dans presque tous les pays d’Europe, ils avaient déjà décrété l’État d’urgence. Le gouvernement se déresponsabilise.

Arrêtez cette grande hypocrisie. Ça ne veut pas dire que tu dois sortir dehors en ce moment, reste chez vous! Les médecins et hôpitaux ont besoin de temps et ont une capacité maximale d’opérations. Le gouverneur de New York Cuomo a mentionné que 80% des citoyens devraient avoir le virus. Tout le monde va l’avoir le virus, lorsqu’on a fait le choix de maintenir l’économie, et proposer le confinement volontaire, le gouvernement savait très bien ce qui s’en venait.

S’il y a une augmentation du nombre de cas, ce n’est pas seulement la faute des voyageurs, nos gouvernements ont une immense part de responsabilité, surtout au fédéral. Le gouvernement tente de se déresponsabiliser en mettant la faute sur les citoyens.

Arrêtez votre discrimination. C’est dangereux légalement et constitutionnellement.

C’est quoi cette histoire? Les voyageurs rentrant et les personnes démunies présentement qui ne peuvent pas faire l’épicerie, ce sont vos nouveaux musulmans, ce sont vos nouveaux migrants? On va bientôt, surnommer nous-aussi le COVID-19, le virus chinois?

Petit peuple.

Tu tousses, mais en cachette, t’es allé chez Jean Coutu? T’étais tanné de te torcher avec des filtres à café. Toi aussi t’es un criminel?

Épuisé par tes multiples demandes d’aides infructueuses au gouvernement, afin de nourrir ta famille, tu as osé aller à l’épicerie, malgré des symptômes s’apparentant à la grippe? Au bûcher.

T’as pu une cenne? T’as eu peur d’en manquer? Je te comprends. Je le répète, il ne faut pas que tu sortes de chez toi.

Le gouvernement fédéral ne t’as pas aidé à l’aéroport, quand ça faisait une semaine que tu paniquais, que t’étais pogné au Maroc, que ton hotel a fermé en République Dominicaine, tu as peur d’avoir le virus, mais tu ne peux pas te faire tester?

Tu dois absolument être en quarantaine pour protéger les autres. Çâ, c’est une certitude. Je le répète, restez chez vous, respectez les mesures sanitaires!

Mais, là où j’ai un problème, c’est que tu n’aurais jamais dû avoir à te débrouiller seul.
Ce que le gouvernement a fait dans nos aéroports canadiennes, c’est un vrai scandale, donner un bout de papier, une tape dans le dos, et tout le monde rentre chez eux en transport en commun? Comment voulez-vous que les gens restent chez eux, si on les aide pas, et ce immédiatement?

Aucune présence militaire ou paramilitaire? Aucune aide financière immédiate? «Arrangez-vous, on est débordé, bonne chance. Si vous n’écoutez pas, c’est la prison.» Dans quel film d’horreur on est là, c’est une version cheap de 1984?

Pas de tests pas de cas

Le gouvernement n’a pas pensé tester il y a un mois, et maintenant, il n’a pas pensé à aider les gens dans marde.

C’est de la politique de rattrapage, lâchez-moi avec vos mesures punitives. Le gouvernement tente de se déresponsabiliser présentement en mettant tout le fardeau sur les citoyens fautifs.

Le gouvernement  fédéral a décidé de ne pas utiliser l’armée pour approvisionner les gens dans le besoin. Laissant le privé se débrouiller avec tout ce bordel.

Nous savions dès janvier que la pandémie s’en venait au Canada. La communauté scientifique depuis janvier le mentionne, tester, tester, tester.

Nous savions que tester rapidement et massivement dès le début, isoler un certain temps les voyageurs, les aider, leur donner un hotel à l’étranger, un lit, en mettant en quarantaine les positifs et contrôler strictement les entrées au pays, était la solution. Il fallait aider le secteur privé, les épiceries, les compagnies aériennes, et ce rapidement. Rien de tout ça à été fait, et maintenant, vous voulez emprisonnez les citoyens pour négligence criminelle? C’est le ministère des affaires étrangères qui devrait être accusé de négligence criminelle.

Présentement, c’est impossible de recevoir de l’aide, ça prend deux semaines avant de recevoir une épicerie en ligne. C’est d’un ridicule infinie. Au Vietnam, un pays presque du tiers monde, les voyageurs reçoivent des denrées et de l’aide gouvernementale immédiate. C’est aussi le cas, en Allemagne, en Autriche, par exemple.

Chers gouvernements, prenez donc vos responsabilités, avouez donc vos erreurs à place de répéter que vous faites mieux que les États-Unis. Quand on se compare, on se console?

«Mario, Mario, regarde par la fenêtre, as-tu vu Ginette, elle tousse, je l’ai vue la semaine dernière aller chez IGA. Appelle-la police.»

 

Rome a décrété l’État d’urgence le 31 Janvier 2020.

 

Le premier ministre vient de dire dans son point de presse: «au Québec, on est dans les pays qui font le plus de tests per capita». Oui, mais depuis quand? Depuis aujourd’hui?

C’est de la rhétorique! On manipule les chiffres. C’est le même discours au fédéral.

Il y a deux semaines, le 13 Mars, nous faisions que 400 tests par jour au Québec. 400! Nous n’étions pas dans les pays qui faisaient le plus de tests. Loin de là! Il ne faut pas commencer à tester la population à 1000 cas, il faut commencer à tester à 100 cas. Ce capital politique, ça doit cesser.

Sortez-nous le nombre de tests effectués entre le 1er et le 15 Mars au Québec pour le fun? Lorsque les voyageurs sont revenus au pays, laissés à eux-mêmes, sans aide.  Ça suffit la bullshit.

Si le gouvernement a peu testé, il y a trois semaines, c’est qu’il a sous-estimé la crise. Il n’a pas planifié: notre système de santé avait déjà une capacité limite, nous avons pas suffisamment de labos, vous accusez les gens de voler des masques dans les hôpitaux, mais comment se fait-il que nous manquions de masques au Québec et ce, avec le montant d’impôts qu’on donne à Santé Québec à chaque année?

 

Résultat de recherche d'images pour

 

Le Vietnam, l’Autriche, l’Allemagne étaient capables de tester sa population en février, pas nous? Vous voulez rire de nous?

C’est facile de pointer du doigt, la petite famille qui revient de la Floride, qui a travaillé toute l’année pour se payer des vacances, c’est facile de les pointer du doigt, eux qui essaient maintenant de faire une épicerie en ligne depuis 10 jours sans succès. Le mari sur son laptop qui sacre, qui vient de perdre sa job, pendant que sa femme Monique attend au téléphone depuis 2 jours. Avec le petit Loïc qui pleure depuis trois heures none-stop.

Je redemande après avoir écrit à mes députés, au ministre Garneau, au ministre Champagne, sans réponse, d’aider les voyageurs, et pour de vrai, arrêtez de mentir, arrêtez de dire que vous avez aidé le monde, vous le faites pas. Vous avez laissé les gens à eux-mêmes dans les aéroports, vous avez même pas offert un panier d’épicerie aux citoyens dans le besoin.

Je le répète, le ministère des affaires étrangères et le gouvernement Trudeau ont échoué lamentablement dans sa gestion de crise. Je ne fais pas de politique, je ne fais pas de partisanerie, j’en ai rien à cirer, je fais un constat, arrêtez de vous empiffrer avec tout ce qu’on vous raconte à Radio-Canada, pendant le point de presse de Trudeau.

C’est facile de ne pas comprendre la réalité de la dame de 85 ans, qui s’en contre-calice de mourir, elle qui est pognée chez elle, seule, maintenant qu’elle ne peut plus aller prendre sa petite marche, boire son petit café au Tim Hortons. Heye, envoyez donc un autre message de Dodo, Dodo tabarnac, Dominique Champagne pour les rassurer nos aînés. Envoyez-leur surtout pas une épicerie rapidement, envoyez-leur un message automatisé de Bernard Derome. Ça arrête quand ce cauchemar?

 

Vous voulez emprisonner le voyageur qui respecte pas la quarantaine, mais pas celui qui tousse dans le métro depuis deux semaines, voyons tabarnac? Où sont rendus nos principes de droit? C’est toute une nouvelle littérature juridique qu’on est en train d’écrire, un brouillon, un torchon.

Vous voulez emprisonner le monde après avoir laissé Air Canada monter ses prix à 2500 euros pour rentrer à la maison? Sans même leur donner une esti de miche de pain, un rouleau de papier de toilette.

Vous voulez faire ça après que les ambassades aient eu comme mot d’ordre de dire aux gens qu’ils s’arrangent avec leurs compagnies aériennes?

 

C’est donc facile de punir et sévir le monde quand on a complètement échoué sa gestion de crise. Vous me dégoûtez.

Pas de tests, pas de cas, pas de confinement, les gens comprennent pas!

 

Si le gouvernement a peu testé il y a deux semaines, c’est qu’il a sous-estimé la crise. Il a mal pas planifié l’envergure de la pandémie. La démocratie est lourde au Québec, il faut passer par le «système», le lobby pharmaceutique, les brevets, les commandes, acheter tests kits. Il y a de longs délais en laboratoires, c’est sous-financé. Ce sont de longs délais administratifs mettant en danger la population. Notre système de santé a une capacité maximale.

Ça semble facile pour le gouvernement canadien de ne pas prendre ses responsabilités.

Comme citoyen canadien, je me suis senti sans ressources à l’étranger, sais aide. Je demande la destitution du ministre des Affaires étrangères, le ministre Champagne, je demande comme vulgaire citoyen qu’on repense totalement comment nous aidons les Canadiens à l’étranger, comment nous rapatrions les Canadiens de l’étranger, en temps de pandémie, de l’aéroport jusqu’à chez eux, en s’assurant qu’ils ne manquent de rien et qu’ils risquent de contaminer personne.

Si vous pouvez financer les sables bitumineux, vous pouvez protéger les Canadiens.

 

Justin, c’est quand demain?

Notre premier ministre est présentement en «tournée citoyenne» pour rehausser son image publique. Lors de son passage à Peterborough, en Ontario, quelque chose a attiré mon attention, suite à un question d’un citoyen, Justin Trudeau a déclaré: «On ne peut pas fermer les mines de sables bitumineux Lire la suite Justin, c’est quand demain?

Alep, au moins, arrêtons l’hypocrisie

Je vais faire comme les autres dans le confort de mon salon. Contrairement à Hadi Abdallah, je n’irai pas respirer la mort et risquer ma vie sous les bombes en Syrie. Hadi, ça doit bien venir du mot «hardi.» Je n’ai pas le courage de ce Syrien. Le journaliste de l’année selon RSF et TV5Monde. Voici ses mots: «Des familles entières enterrées sous les décombres, des corps de civils éparpillés dans les rues ; nous n’oublierons pas comment le monde a forcé le peuple d’Alep à choisir entre deux options : la mort collective ou l’exil massif. Jusqu’à ce matin, le peuple d’Alep n’a pas dormi cette nuit en attendant l’évacuation promise des civils, rien de neuf nous continuons à attendre.»
Lire la suite Alep, au moins, arrêtons l’hypocrisie

Robert Ménard et son référendum antimigrants

Début d’après-midi. Le maire de Béziers, Robert Ménard, se fait attendre. Je patiente à l’accueil dans un silence amollissant. Dans la salle, des antiquités, des oeuvres d’art et des affiches de torero derrière des vitrines embellissent la pièce.

Et puis, enfin, du bruit, des bottes… À l’improviste une trentaine de policiers grimpent le grand escalier d’un pas lourd. Par hasard, ils attendent au même endroit que moi. Jour de formation pour ces flics, afin de contrer la menace terroriste tant attendue à Béziers. Lire la suite Robert Ménard et son référendum antimigrants

Islande, discussion avec des militants du Pirate Party

À l’approche des élections en Islande, je me suis posé la question si je devais écrire un texte délibérément enthousiaste sur les paysages spectaculaires et les chutes «les foss», les baleines, les geysers et les très jolie Islandaises. Un texte du genre Canal Évasion, traitant d’un tourisme fantastique, un pays parfait, afin que Wow Air me paie le billet du retour. Je dois l’admettre, l’Islande est indéniablement belle, c’est féérique. Une culture riche et unique, des contes et des histoires sur les elfes et les vikings, des panoramas digne de Mars et du Seigneur des anneaux, de jolies maisons aux toits colorés, l’océan, les montagnes et des gens forts sympathiques. Lire la suite Islande, discussion avec des militants du Pirate Party

À bientôt les amis !

Ça fait longtemps que je ne vous ai pas écrit ! Je ne savais pas trop quoi dire. Dernièrement, je me suis concentré sur mon roman, j’ai bu un peu, c’était mon anniversaire et j’ai essayé de dormir… sans succès. Octobre. Quelque chose comme une fatigue saisonnière. Je suis allez voir la pharmacienne, elle m’a conseillé de prendre de la mélatonine pour mon sommeil. Encore ça ! Lire la suite À bientôt les amis !

2034, ma vision pessimiste de l’humanité.

Ce que vous allez lire n’engage que moi, loin d’être un scientifique ou le prochain Nostradamus. À titre d’être humain, je m’efforce d’imaginer un monde meilleur, un monde plus pacifique où il fera bon vivre. Il y a plusieurs enjeux majeurs qui dessineront le futur, des défis d’une envergure mondiale.

Sur le balcon, je fume une cigarette. Déjà là, je n’écoute pas les médecins qui me disent qu’il y a des risques que j’en meure du cancer. Un comportement très humain. On arrête de fumer, seulement lorsqu’on souffre. Les fêtards sont retournés se coucher, bien bourrés, je n’entends plus la musique et le piochage chez mes voisins. Il y a quelques adultes qui jouent à Pokémon Go sur le trottoir, des sédiments perdus du dernier rassemblement, pas loin du Métro Atwater.

Lire la suite 2034, ma vision pessimiste de l’humanité.

Le nationalisme pure laine.

Avertissement : Ce texte s’adresse à une minorité de souverainistes au Québec. Une minorité grandissante. Le discernement du lecteur est conseillé.

C’est toujours fascinant, ces fameux messages de gens courageux, qu’on reçoit en privé sur Facebook.

«Je pensais que t’étais de notre bord, t’es du bord des immigrants», «Bon succès dans les petites ligues du Plateau Mont-Royal.», «tu défends les musulmans?», «malgré que vous soyez doué d’un certain talent de plume pour décrire la réalité. C’en est trop. Adios amigo. Je me désabonne.»

Merde, on est plus amis? Terminé la lune de miel?

Quand c’est rendu que des dames et des messieurs dans la soixantaine, m’envoie des discours d’imams sur Facebook, au lieu de profiter de la vie et du soleil, c’est qu’on a frappé le fond comme société. J’ai reçu au moins une dizaine de vidéos d’intégristes de différentes personnes. «Regarde! Tu as vu le vidéo, c’est ça le véritable visage de  l’Islam. On ne peut pas laisser entrer des musulmans ici !» Sincèrement, où s’en va le Québec? À quel point avons-nous besoin de cette haine envers l’autre pour se sentir rassuré? Est-ce qu’on peut recommencer à parler du Québec, de l’économie, de l’austérité et des enjeux pressants pour notre province?

Lire la suite Le nationalisme pure laine.

Encore un coup de Mathieu Bock-Côté.

Réaction au texte de Mathieu Bock-Côté, publié dans le Journal de Montréal. 

« Islamisme. La première chose à faire est de le nommer, contrairement à ce que font de nombreux commentateurs, qui préfèrent parler du terrorisme en soi en termes vaporeux. » – Mathieu Bock Côté, de descendance française, gaulliste, pure laine.

Ne pas utiliser le terme islamisme, c’est vaporeux ? Pourquoi ? Les autres termes ne prêtent pas suffisamment à confusion ? Ces mots ne mettent pas assez en valeur l’amalgame que vous tentez de faire à tour de bras entre les musulmans et les islamistes ? C’est quand même cocasse, le mot amalgame provient de l’arabe, ‘amal al-djamā. Lire la suite Encore un coup de Mathieu Bock-Côté.

Les gens comme toi.

Ce n’est plus un secret, ma blonde est musulmane. Une jolie brunette montréalaise, je n’ai pas pu résister. Elle s’autodéfinit comme une Québécoise d’origine libanaise. Sans renier son pays natal, qu’elle adore. Sur le marché du travail, en génie, elle a passée toute sa vie adulte ici. Elle n’est pas très pratiquante, sauf pendant le ramadan. Pour elle, la foi se retrouve dans son quotidien, pas dans les mosquées. Des petits gestes simples, des valeurs transmises par sa famille, par sa mère surtout. La gentillesse. Avec ses amis, avec ses collègues au travail. Hier encore, elle a donné notre ancien climatiseur à un collègue de travail dans la soixantaine. Un petit geste. La semaine dernière, elle a aidé la voisine avec son jardin. Pour elle c’est ça l’Islam: la compassion, aider les autres. Rien à voir avec ce que certains politiciens racontent. Rien à voir avec l’islamisme radical qui en mélange et en embrouille plus d’un. Elle me parle souvent de souveraineté. Je trouve ça beau. Elle ne se reconnaît pas dans le reste du Canada. On a failli la perdre avec la charte des valeurs, mais elle a changé d’avis. « Je suis Québécoise moi, pas Canadienne ! »

Hier soir, en revenant du bureau, elle était furieuse. Une collègue s’est approchée d’elle pour lui dire : « est-ce que ça te fait de quoi, quand les gens comme toi font des actes terroristes ? » Elle a répondu spontanément : « Les gens comme moi ? Une Québécoise a commis un attentat terroriste, où ça ? » Puis, elle a quitté la pièce, en colère. Il faut dire qu’elle a de la répartie, ici depuis huit ans, ce n’est pas la première fois que des gens racistes ou maladroits lui posent des questions du genre. Surtout lorsque les médias et les politiciens québécois alimentaient les débats entourant la charte. Les stéréotypes, les blagues désagréables, elle les a toutes entendues. Ça ne faisait pas un mois que nous étions ensemble, qu’un vieux bonhomme sur Laurier s’est approché de nous. On mangeait une crème glacée sur un banc de parc, tsé, les activités quétaines du début. À mi-chemin entre la Ronde et le belvédère du Mont-Royal. L’amour ! Puis cet homme a lancé agressivement : « J’aime les Américains, les Chinois, les Noirs, les Russes, mais vous autres les Arabes, chu pas capable ! » Et il a quitté, comme ça, il a continué son chemin. Sur le coup, on a éclaté de rire ! Ensuite, j’ai ressenti un grand malaise, j’avais tellement honte de nous. Esti de raciste. Loin de jouer à la victime, elle a sourit et elle a dit : arrête, ce n’est pas grave, je suis habituée. Je me suis questionné longuement, il vient d’où ce racisme systémique ? Du 9/11 ? Du nationalisme ? Du siècle dernier ?

J’en ai plus que marre de cette ignorance crasse. De Donald Trump et Marine Le Pen qui jette de l’huile sur le feu en misant sur la division. Il y a un mois, ma blonde m’a demandée, tu crois qu’un jour, ils voudront interdire les musulmans au Québec ? Et j’ai pensé à tous ces bonshommes, toutes ces femmes qu’on entend japper plus fort que les autres : « si c’était moi, je les renverrais toutes dans leur pays. » Les mêmes qui disent : « je ne suis pas raciste, mais ! ». Il y a un grand défi à surmonter présentement, ne pas succomber face aux amalgames. Ne pas baisser les bras devant ces politiciens qui veulent s’approprier notre flamme nationaliste, contre l’inclusion, contre « les autres. » Je vais vous le dire, ce n’est pas comme ça qu’on va bâtir un pays. Il faut arrêter d’associer ces centaines de fondamentalistes haineux avec des millions de gens pacifiques. Rappelons qu’il y a près de deux milliards de musulmans sur la planète, près de cinq millions en France.

Sans être naïf, il y a une grande menace à nos portes. Les « terroristes » sont en guerre. Les premiers qui condamnent ces actes, ce sont justement les musulmans, vous devriez voir le feu dans ses yeux après chaque attentat. Rappelons que la plupart de ces tragédies sont au Moyen-Orient. L’horreur. Je me questionne beaucoup sur la cause de ces événements, mais surtout sur la façon de régler la situation. Il ne faut pas répondre à la haine par le racisme, la déchéance et l’exclusion.

Donald Trump nous le répète, we have to bomb the shit out of them ! Et les douchbags applaudissent. Comment pouvons-nous bombarder un homme caché dans un appartement en Tunisie ? Des individus éparpillés dans des cellules en Égypte, en France, en Belgique, aux États-Unis, au Canada, en Allemagne ? Il faudrait répéter les erreurs de George W Bush en tuant des milliers d’innocents ? N’est-ce pas justement cette folie meurtrière qui a créé l’État islamique ? Alors, la déportation de tous les musulmans, l’interdiction au territoire, ériger un mur. C’est la vision de l’aspirant à la présidence aux États-Unis. Ce n’est pas rien. Tuer des milliers d’innocents au Moyen-Orient, en essayant d’arrêter des terroristes éparpillés partout sur la planète. C’est ça le plan ?

Marine Le Pen propose quelque chose de similaire, il faut trouver des solutions, elle instrumentalise la peur bien présente en France, après chaque attentat pour son capital politique. Il faut résister à ce discours du Front National. Son programme est bien clair, réduire l’immigration, fermer les mosquées, déporter les nouveaux arrivants, radier la culture musulmane en France. Une mauvaise lecture, l’ignorance dans toute sa médiocrité. Pour elle, c’est clair, la faute revient au gouvernement actuel. « Cet attentat revendiqué par Daech est la conséquence d’une idéologie meurtrière, qu’on laisse se développer à l’intérieur de la France, l’idéologie du fondamentalisme islamiste. Il est aussi la conséquence de carences gravissimes de l’État, dans sa mission première, la protection de nos compatriotes. » C’est ce qu’elle a vomi encore ce matin.

Marine Le Pen croit avoir la solution. Il faut être prétentieux quand même, avoir une solution au terrorisme. Des centaines d’intellectuels dénoncent son discours, mais non, elle est convaincue. C’est elle qui a raison. C’est Marine ! Je n’en peux plus de ce discours simpliste, de ces mensonges. Selon elle, il faut imposer plusieurs révisions, du contrôle des frontières à l’immigration illégale et l’immigration massive qu’elle juge « anarchique ». Il faudrait réviser le code de la nationalité. Il y a peut-être un problème de ce côté, mais  en quoi c’est une solution pour détruire Daech ? Il faudrait m’expliquer. C’est ce qui va empêcher un fondamentaliste religieux, un étranger de venir en France pour faire exploser une bombe ou rouler sur des innocents avec un camion. C’est quoi cette connerie ? Il faut faire attention aux amalgames.

Encore une fois, Marine Le Pen joue sur les mots. Elle croit que le problème vient de l’intérieur. Elle confond les musulmans en France avec l’islamisme radical. Ce sophisme est devenu sa marque de commerce. Comme Donald Trump. La peur de l’autre, c’est devenu payant en politique. Elle monte dans les sondages, plus la France a peur, plus elle gagne des points. Tout pour créer des tensions entre les nationalistes français et les musulmans. Tout pour entendre ces mots plus souvent. « Est-ce que ça te fait de quoi, quand les gens comme toi font des actes terroristes. » Les gens comme toi.

Je vais vous le dire, je n’ai pas de solution au terrorisme, je n’ai pas cette prétention. Tout comme je n’ai pas de solution à l’ignorance, à la guerre dans le monde, à la famine et à la violence. Des mots très humains. Marine Le Pen traite les intellectuels et les gauchistes « d’angéliques » pour l’approche pacifiste et compréhensive du problème. Elle traite les gauchistes de calinours. Elle ridiculise ceux qui cherchent à comprendre ce qui a mené cette barbarie.  Elle méprise ceux qui étudient les motifs de ces morts-vivants. On ne peut pas régler ce problème systémique, en ignorant les causes. Les causes ? L’ignorance, la haine, les inégalités, la survie, l’impérialisme, la jalousie. Les hommeries. Des gens abandonnés par la société, des enfants de la guerre, des enfants endoctrinés suite à l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, un manque d’aide humanitaire pendant la guerre civile en Syrie. Comme société au Québec, nous ne pouvons peut-être pas empêcher ce fondamentalisme religieux, ces actes de terreur. Par contre, pouvons-nous travailler ensemble sur l’inclusion, sur l’ouverture d’esprit, qui, je le crois sincèrement, peut aider à améliorer notre société et peut-être un jour, qui sait, empêcher l’endoctrinement d’une personne sans repères.