Archives pour la catégorie Canada

Justin, c’est quand demain?

Notre premier ministre est présentement en «tournée citoyenne» pour rehausser son image publique. Lors de son passage à Peterborough, en Ontario, quelque chose a attiré mon attention, suite à un question d’un citoyen, Justin Trudeau a déclaré: «On ne peut pas fermer les mines de sables bitumineux Lire la suite Justin, c’est quand demain?

Alep, au moins, arrêtons l’hypocrisie

Je vais faire comme les autres dans le confort de mon salon. Contrairement à Hadi Abdallah, je n’irai pas respirer la mort et risquer ma vie sous les bombes en Syrie. Hadi, ça doit bien venir du mot «hardi.» Je n’ai pas le courage de ce Syrien. Le journaliste de l’année selon RSF et TV5Monde. Voici ses mots: «Des familles entières enterrées sous les décombres, des corps de civils éparpillés dans les rues ; nous n’oublierons pas comment le monde a forcé le peuple d’Alep à choisir entre deux options : la mort collective ou l’exil massif. Jusqu’à ce matin, le peuple d’Alep n’a pas dormi cette nuit en attendant l’évacuation promise des civils, rien de neuf nous continuons à attendre.»
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Le nationalisme pure laine.

Avertissement : Ce texte s’adresse à une minorité de souverainistes au Québec. Une minorité grandissante. Le discernement du lecteur est conseillé.

C’est toujours fascinant, ces fameux messages de gens courageux, qu’on reçoit en privé sur Facebook.

«Je pensais que t’étais de notre bord, t’es du bord des immigrants», «Bon succès dans les petites ligues du Plateau Mont-Royal.», «tu défends les musulmans?», «malgré que vous soyez doué d’un certain talent de plume pour décrire la réalité. C’en est trop. Adios amigo. Je me désabonne.»

Merde, on est plus amis? Terminé la lune de miel?

Quand c’est rendu que des dames et des messieurs dans la soixantaine, m’envoie des discours d’imams sur Facebook, au lieu de profiter de la vie et du soleil, c’est qu’on a frappé le fond comme société. J’ai reçu au moins une dizaine de vidéos d’intégristes de différentes personnes. «Regarde! Tu as vu le vidéo, c’est ça le véritable visage de  l’Islam. On ne peut pas laisser entrer des musulmans ici !» Sincèrement, où s’en va le Québec? À quel point avons-nous besoin de cette haine envers l’autre pour se sentir rassuré? Est-ce qu’on peut recommencer à parler du Québec, de l’économie, de l’austérité et des enjeux pressants pour notre province?

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Les gens comme toi.

Ce n’est plus un secret, ma blonde est musulmane. Une jolie brunette montréalaise, je n’ai pas pu résister. Elle s’autodéfinit comme une Québécoise d’origine libanaise. Sans renier son pays natal, qu’elle adore. Sur le marché du travail, en génie, elle a passée toute sa vie adulte ici. Elle n’est pas très pratiquante, sauf pendant le ramadan. Pour elle, la foi se retrouve dans son quotidien, pas dans les mosquées. Des petits gestes simples, des valeurs transmises par sa famille, par sa mère surtout. La gentillesse. Avec ses amis, avec ses collègues au travail. Hier encore, elle a donné notre ancien climatiseur à un collègue de travail dans la soixantaine. Un petit geste. La semaine dernière, elle a aidé la voisine avec son jardin. Pour elle c’est ça l’Islam: la compassion, aider les autres. Rien à voir avec ce que certains politiciens racontent. Rien à voir avec l’islamisme radical qui en mélange et en embrouille plus d’un. Elle me parle souvent de souveraineté. Je trouve ça beau. Elle ne se reconnaît pas dans le reste du Canada. On a failli la perdre avec la charte des valeurs, mais elle a changé d’avis. « Je suis Québécoise moi, pas Canadienne ! »

Hier soir, en revenant du bureau, elle était furieuse. Une collègue s’est approchée d’elle pour lui dire : « est-ce que ça te fait de quoi, quand les gens comme toi font des actes terroristes ? » Elle a répondu spontanément : « Les gens comme moi ? Une Québécoise a commis un attentat terroriste, où ça ? » Puis, elle a quitté la pièce, en colère. Il faut dire qu’elle a de la répartie, ici depuis huit ans, ce n’est pas la première fois que des gens racistes ou maladroits lui posent des questions du genre. Surtout lorsque les médias et les politiciens québécois alimentaient les débats entourant la charte. Les stéréotypes, les blagues désagréables, elle les a toutes entendues. Ça ne faisait pas un mois que nous étions ensemble, qu’un vieux bonhomme sur Laurier s’est approché de nous. On mangeait une crème glacée sur un banc de parc, tsé, les activités quétaines du début. À mi-chemin entre la Ronde et le belvédère du Mont-Royal. L’amour ! Puis cet homme a lancé agressivement : « J’aime les Américains, les Chinois, les Noirs, les Russes, mais vous autres les Arabes, chu pas capable ! » Et il a quitté, comme ça, il a continué son chemin. Sur le coup, on a éclaté de rire ! Ensuite, j’ai ressenti un grand malaise, j’avais tellement honte de nous. Esti de raciste. Loin de jouer à la victime, elle a sourit et elle a dit : arrête, ce n’est pas grave, je suis habituée. Je me suis questionné longuement, il vient d’où ce racisme systémique ? Du 9/11 ? Du nationalisme ? Du siècle dernier ?

J’en ai plus que marre de cette ignorance crasse. De Donald Trump et Marine Le Pen qui jette de l’huile sur le feu en misant sur la division. Il y a un mois, ma blonde m’a demandée, tu crois qu’un jour, ils voudront interdire les musulmans au Québec ? Et j’ai pensé à tous ces bonshommes, toutes ces femmes qu’on entend japper plus fort que les autres : « si c’était moi, je les renverrais toutes dans leur pays. » Les mêmes qui disent : « je ne suis pas raciste, mais ! ». Il y a un grand défi à surmonter présentement, ne pas succomber face aux amalgames. Ne pas baisser les bras devant ces politiciens qui veulent s’approprier notre flamme nationaliste, contre l’inclusion, contre « les autres. » Je vais vous le dire, ce n’est pas comme ça qu’on va bâtir un pays. Il faut arrêter d’associer ces centaines de fondamentalistes haineux avec des millions de gens pacifiques. Rappelons qu’il y a près de deux milliards de musulmans sur la planète, près de cinq millions en France.

Sans être naïf, il y a une grande menace à nos portes. Les « terroristes » sont en guerre. Les premiers qui condamnent ces actes, ce sont justement les musulmans, vous devriez voir le feu dans ses yeux après chaque attentat. Rappelons que la plupart de ces tragédies sont au Moyen-Orient. L’horreur. Je me questionne beaucoup sur la cause de ces événements, mais surtout sur la façon de régler la situation. Il ne faut pas répondre à la haine par le racisme, la déchéance et l’exclusion.

Donald Trump nous le répète, we have to bomb the shit out of them ! Et les douchbags applaudissent. Comment pouvons-nous bombarder un homme caché dans un appartement en Tunisie ? Des individus éparpillés dans des cellules en Égypte, en France, en Belgique, aux États-Unis, au Canada, en Allemagne ? Il faudrait répéter les erreurs de George W Bush en tuant des milliers d’innocents ? N’est-ce pas justement cette folie meurtrière qui a créé l’État islamique ? Alors, la déportation de tous les musulmans, l’interdiction au territoire, ériger un mur. C’est la vision de l’aspirant à la présidence aux États-Unis. Ce n’est pas rien. Tuer des milliers d’innocents au Moyen-Orient, en essayant d’arrêter des terroristes éparpillés partout sur la planète. C’est ça le plan ?

Marine Le Pen propose quelque chose de similaire, il faut trouver des solutions, elle instrumentalise la peur bien présente en France, après chaque attentat pour son capital politique. Il faut résister à ce discours du Front National. Son programme est bien clair, réduire l’immigration, fermer les mosquées, déporter les nouveaux arrivants, radier la culture musulmane en France. Une mauvaise lecture, l’ignorance dans toute sa médiocrité. Pour elle, c’est clair, la faute revient au gouvernement actuel. « Cet attentat revendiqué par Daech est la conséquence d’une idéologie meurtrière, qu’on laisse se développer à l’intérieur de la France, l’idéologie du fondamentalisme islamiste. Il est aussi la conséquence de carences gravissimes de l’État, dans sa mission première, la protection de nos compatriotes. » C’est ce qu’elle a vomi encore ce matin.

Marine Le Pen croit avoir la solution. Il faut être prétentieux quand même, avoir une solution au terrorisme. Des centaines d’intellectuels dénoncent son discours, mais non, elle est convaincue. C’est elle qui a raison. C’est Marine ! Je n’en peux plus de ce discours simpliste, de ces mensonges. Selon elle, il faut imposer plusieurs révisions, du contrôle des frontières à l’immigration illégale et l’immigration massive qu’elle juge « anarchique ». Il faudrait réviser le code de la nationalité. Il y a peut-être un problème de ce côté, mais  en quoi c’est une solution pour détruire Daech ? Il faudrait m’expliquer. C’est ce qui va empêcher un fondamentaliste religieux, un étranger de venir en France pour faire exploser une bombe ou rouler sur des innocents avec un camion. C’est quoi cette connerie ? Il faut faire attention aux amalgames.

Encore une fois, Marine Le Pen joue sur les mots. Elle croit que le problème vient de l’intérieur. Elle confond les musulmans en France avec l’islamisme radical. Ce sophisme est devenu sa marque de commerce. Comme Donald Trump. La peur de l’autre, c’est devenu payant en politique. Elle monte dans les sondages, plus la France a peur, plus elle gagne des points. Tout pour créer des tensions entre les nationalistes français et les musulmans. Tout pour entendre ces mots plus souvent. « Est-ce que ça te fait de quoi, quand les gens comme toi font des actes terroristes. » Les gens comme toi.

Je vais vous le dire, je n’ai pas de solution au terrorisme, je n’ai pas cette prétention. Tout comme je n’ai pas de solution à l’ignorance, à la guerre dans le monde, à la famine et à la violence. Des mots très humains. Marine Le Pen traite les intellectuels et les gauchistes « d’angéliques » pour l’approche pacifiste et compréhensive du problème. Elle traite les gauchistes de calinours. Elle ridiculise ceux qui cherchent à comprendre ce qui a mené cette barbarie.  Elle méprise ceux qui étudient les motifs de ces morts-vivants. On ne peut pas régler ce problème systémique, en ignorant les causes. Les causes ? L’ignorance, la haine, les inégalités, la survie, l’impérialisme, la jalousie. Les hommeries. Des gens abandonnés par la société, des enfants de la guerre, des enfants endoctrinés suite à l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, un manque d’aide humanitaire pendant la guerre civile en Syrie. Comme société au Québec, nous ne pouvons peut-être pas empêcher ce fondamentalisme religieux, ces actes de terreur. Par contre, pouvons-nous travailler ensemble sur l’inclusion, sur l’ouverture d’esprit, qui, je le crois sincèrement, peut aider à améliorer notre société et peut-être un jour, qui sait, empêcher l’endoctrinement d’une personne sans repères.

Justin Trudeau, le crooner.

Justin Trudeau est un grand charmeur, il a tout d’un crooner avec son sourire impeccable, ses cheveux lisses et ses performances théâtrales. Armé d’égoportraits, de véhicules d’assault, de fredonnements et de discours vides, cet homme possède toutes les aptitudes pour maintenir le statu quo en place ou devrais-je dire «l’establishment fédéral.» Les Québécois savaient très bien à quoi s’attendre avec Justin Trudeau. C’était avant qu’il franchisse cette ligne, effrontément, le 1er juillet dernier.

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Entrevue avec Sol Zanetti, d’Option nationale.

Supporteur d’une convergence entre les partis souverainistes, je n’ai jamais fait dans la dentelle avec Option nationale et Québec solidaire. Forcé d’admettre, maintenant, qu’Option nationale fait tout un travail de militantisme, de conscientisation et d’éducation, notamment avec le livre qui fait dire Oui…

Pour faire suite à mon dernier billet: Une petite fin de semaine en camping pour l’indépendance. J’ai eu l’idée de poser quelques questions aux différents chefs et aspirants-chefs des partis souverainistes. C’est avec plaisir que Sol Zanetti a accepté mon invitation.

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La belle intention du salaire minimum à 15 $.

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple?

Depuis quelques jours, la question du salaire minimum à 15 $ (que Manon Massé de Québec Solidaire s’est réappropriée) fait couler beaucoup d’encre.

Ma prémisse, il ne faut pas tout rafistoler et penser que le salaire minimum est une solution magique pour réduire l’écart entre les riches et les pauvres. En surface, en apparences, c’est une bonne intention. En profondeur, c’est une question beaucoup plus complexe qui a déjà fait l’objet de nombreuses études en Europe et aux États-Unis. Les économistes de gauche comme de droite sont très divisés sur cette question. À preuve du contraire, les résultats ne sont pas concluants.

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Fort McMurray, la plus belle ville du monde.

(La suite…)

J’ai quitté la maison de Maurice aux petites heures du matin avec un sac de vidange rempli de vêtements, mon ordinateur fabriqué avec du pétrole et quelques bouquins.

Pendant que les gens faisaient la fête dans les bars du centre-ville et au « Boomtown Casino », moi je travaillais de nuit à la mine. Lire la suite Fort McMurray, la plus belle ville du monde.

Fort McMurray, le trou du cul du monde.

Je m’excuse à l’avance, il est possible que la poussière ne soit pas encore retombée.

Avant de lire ces quelques lignes, il faut mettre de coté la sensibilité et la compassion pour les gens qui ont perdu leur maison. Sans coeur, aussi immonde que ça puisse paraître, il faut faire abstraction de ces vies chamboulées. Il y a parfois des événements ironiques dans la vie. Des situations qui nous permettent de penser autrement, en perspective, à quelque chose de plus grand. Lire la suite Fort McMurray, le trou du cul du monde.