La bourse, le trou du cul du monde

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Texte écrit la semaine dernière

Enfin, un peu de soleil, le vent frappe dans mes rideaux, je viens de sortir les poubelles et le recyclage. La vie continue. Georges Brassens chante dans la cuisine, pendant que je casse des oeufs en me disant  fort fort fort: «Non pas aujourd’hui mon coco. Ne regarde pas les nouvelles. N’écoute pas le point de presse, va faire un tour dehors!»  J’analyse donc brièvement les marchés boursiers. Ils sont à la hausse. Et ce, pendant que le pétrole s’écroule, que le taux de chômage grimpe l’Everest et que l’économie réelle est en train de s’effondrer. C’est tellement irrationnel et manipulé, ça me lève le coeur. Le gouvernement américain vient d’injecter des sommes astronomiques dans l’économie, avec de la dette, pour stimuler le cours des actions et personne ne lève le doigt. Par le fait même, nous devrions entrer dans une période d’inflation. Juste avant l’élection présidentielle américaine. La colère s’empare de moi, j’aurais dont dû aller marcher.

Je vais me permettre de parler de la bourse, parce que j’ai commencé à investir à l’âge de 18 ans. J’ai vécu comme jeune investisseur les deux dernières crises financières, avant mes études avortées en administration des affaires, j’ai lu une quantité inimaginable de livres sur l’économie et les marchés financiers, des livres incitant les gens à investir, toujours, tout le temps. Je me trouvais dont intelligent. Vous connaissez ces bouquins, ils sont partout sur les tablettes à la librairie, à l’aéroport. Il y a des centaines de livres «à succès» sur le sujet, avec tous le même objectif, venter les mérites de la bourse et du système néolibéral. Comme si rien d’autre était possible.

Pendant que la bourse remonte à une vitesse folle, je sais trop bien que des millions de gens vont souffrir : des faillites, des dépressions, des drames familiaux. Les fonds des travailleurs ont fondu, par exemple celui de la FTQ. Même chose pour l’épargne-retraite de ta mère, ton frère ou ma marraine, elle qui travaille comme une acharnée pour des peanuts comme préposée aux bénéficiaires, dans un CHSLD. Épuisée, elle m’a écrit hier, me demandant si elle devait arrêter de cotiser à son fond de pension, elle approche de la retraite. Je lui ai dit non, que ça allait probablement remonter, parce que c’est manipulé, même si je ne peux pas donner de conseils financiers.

Comme prévu, pendant que le peuple se serre la ceinture en attendant son chèque, les banques et fonds d’investissement rachètent les actifs que les plus démunis doivent vendre pour survivre. La bourse est fondamentalement financée par les gouvernements. La Banque du Canada et la Réserve Fédérale injectent de la liquidité dans les marchés, en dévaluant la monnaie et le pouvoir d’achat des citoyens normaux. La Banque du Canada a d’ailleurs «imprimé» énormément d’argent pour racheter la majorité des mauvaises créances hypothécaires des banques canadiennes. C’est aussi simple que ça. Chaque fois. Chaque récession. Les riches achètent tout, en tuant les petites entreprises, les petits épargnants et l’écart se creuse entre le 1% et le reste du monde.

«Décroche J-F, profite de la vie un peu, oublie la politique.» Je devrais écouter mes ex, ma famille, mes amis et décrocher. Mais, j’en suis incapable. Croyez-moi, c’est lourd de vivre avec un TDAH et une hyperactivité, confiné dans un appartement. C’est une prison psychologique. Ma quiétude, je la retrouve au large, pendant mes voyages, sur une montagne, lorsque je marche à travers des villes et des villages inconnus. J’aimerais bien aller courir et écouter une série sur Netflix, mais ce qui se passe en ce moment est trop grave. Les gens ne comprennent pas qu’on leur vole leur plein potentiel de bonheur, de meilleurs services publics, une meilleure accessibilité aux études post-secondaires, de la nourriture abordable venant des nos terres locales, des heures de travail moins exigeantes. J’ai une rage intérieure indescriptible devant l’injustice et ça transcende mes plaisirs personnels. Sans nous, sans notre colère, rien ne va changer. Nous devons collectivement être en colère.

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La bourse néfaste pour l’environnement, la socio-économie et les petites entreprises

Dans son article La croissance économique, insoutenable sur le plan environnemental, Josée Provençal, doctorante en science politique (environnement) mentionnait que «les climatologues Kevin Anderson et Alice Bows affirment sans équivoque que pour éviter un réchauffement planétaire au-delà du 2 °C, les pays les plus riches devraient, temporairement, adopter une stratégie de décroissance. La planète n’en peut plus. Il va de soi qu’assurer la transition d’une société obsédée par la croissance à une de décroissance implique de nombreux défis. Comme les économistes écologiques Tim Jackson de l’Université Surrey en Angleterre et Peter Victor de l’Université York en Ontario ont affirmé dans un article publié dans le New York Times en décembre 2015, « imaginer un monde sans croissance est l’une des tâches les plus vitales et les plus urgentes auxquelles la société doit s’atteler ».»

Selon le dernier rapport sur les inégalités par INEQUALITY.ORG, une étude rédigée conjointement avec le Institute for Policy Studies, entre le premier janvier 2020 et le 10 avril 2020, 34 des 170 milliardaires les plus riches des États-Unis ont vu leur fortune augmenter de plusieurs dizaines de millions de dollars. Huit d’entre eux ont vu leur valeur nette augmenter de plus d’un milliard de dollars. Depuis cette date, puisque la bourse a remonté, ces milliardaires sont devenus encore plus riches.

Au 15 avril, la fortune de Jeff Bezos avait augmenté d’environ 25 milliards de dollars depuis le premier janvier 2020. Cette hausse de richesse sans précédent est plus importante que le produit intérieur brut du Honduras, 23,9 milliards de dollars en 2018.

Entre le 18 mars et le 10 avril 2020, plus de 22 millions de personnes ont perdu leur emploi aux États-Unis et le taux de chômage a grimpé jusqu’à 15 %. Au cours des trois mêmes semaines, la richesse des milliardaires américains a augmenté de 282 milliards de dollars, soit un gain de près de 10 %.

Trois milliardaires américains – Jeff Bezos, Bill Gates et Warren Buffett – continuent de posséder autant de richesses que la moitié inférieure de tous les ménages américains réunis. Les 400 Américains les plus riches possèdent autant de richesses que les 64 % des Américains les plus pauvres, soit près des deux tiers des ménages américains réunis.

Selon l’étude du 2020 Wealth Gap and Investing Study, presque la totalité (92 %) des personnes à hauts revenus (celles gagnant plus de 250 000 $ par an) et les trois quarts des diplômés de l’enseignement supérieur (75 %) investissent en bourse, pendant la pandémie, alors que seulement 30 % des personnes à faible revenu (les personnes gagnant moins de 20 000 $ par an) et 32 % des diplômés de l’enseignement supérieur ou moins y investissent.

« Ce que nos conclusions démontrent, cependant, c’est que le marché boursier ne profite qu’à ceux qui ont une place à la table. Les personnes qui n’investissent pas sont laissées pour compte, et le cycle se répète. Par conséquent, il y a un grand déséquilibre entre ceux qui pourront prendre leur retraite en toute sécurité et ceux qui ne le pourront pas. […] La majorité des Américains à faible revenu considèrent que la bourse est injuste. Ainsi les deux tiers d’entre eux (66 %) estiment que la bourse favorise les riches et les initiés à l’industrie. Chez les personnes aisées, cette proportion tombe à 32 %.»

La raison est fort simple, à chaque fois que l’économie réelle chute, comme c’est le cas présentement, les pauvres doivent vendre leurs actions et actifs privés afin de survivre et nourrir leurs familles. Le marché boursier est un moteur infâme qui surchauffe notre planète pour obtenir plus de croissance économique. Cette croissance infinie est destructrice, dans un monde de ressources limitées, c’est elle qui détruit notre planète, les forêts et les animaux.

Nous le savons

À chaque fois que vous investissez un dollar dans une compagnie cotée en bourse, dans vos fonds de retraite, une partie de cet argent sert à enrichir des milliardaires tout en détruisant l’environnement. Ce système nous prive de notre plein potentiel, de nos recettes fiscales pour payer notre monde, nos infirmières, nos enseignants, avoir de bonnes écoles et un peu de dignité. Quand vous votez pour Jean Charest, Philippe Couillard, François Legault, Stephen Harper ou Justin Trudeau, c’est ce système néolibéral que vous perpétuez, un système conçu par les riches, pour les riches. Ottawa fera un déficit de 250 milliards afin de sauver en grande partie les multinationales, les banques, les industries du siècle passé, les sables bitumineux, les pipelines, les compagnies aériennes polluantes qui ne payent pas leur juste part en plus de nous donner un service de marde. Le pire, c’est que vous votez pour ça.

Les politiciens et chroniqueurs de droite continuent de dire que le revenu minimum garanti, la gratuité scolaire sont des utopies, en ignorant l’éléphant dans la pièce. Ces braves hommes omniscients savent bien qu’en taxant équitablement Wall Street et Bay Street, qu’en récupérant une fraction de notre argent dans les paradis fiscaux, nous aurions suffisamment d’argent pour investir dans le bonheur, la santé mentale et le progrès humain.

Les petits riches se trouvent plus intelligents que les autres. Ils ne le sont pas. Les petits riches, bien moins riches que les vraies élites, souffrent d’égoïsme, d’un faux sentiment de bonheur. Ils ne sont pas plus intelligents, ils profitent d’un système qui avantage une infime partie de la population.boy holding cardboard box

Attendre que le monde change

Une fois mes lectures matinales terminées, j’ai navigué un peu sur Facebook, et puis j’ai lu cette réponse sous l’un de mes commentaires, ça venait d’un chroniqueur de droite: «Ce sont les règles du jeu actuelles. On peut très bien personnellement baisser notre consommation et optimiser notre performance boursière. Tu sais pourquoi? Parce que le monde continue de tourner, comme il tourne. Alors oui, en as-tu vraiment besoin de la voiture neuve ? Non. Mais avec l’épargne, devenir actionnaire de la compagnie en attendant que le monde change.»

Ce chroniqueur très sympathique possède une opinion néolibérale forgée sur les bancs d’école, des cours d’économie, de finance et de comptabilité enseignés par des gens de droite qui ne croient qu’à un seul système possible. Je le sais, j’ai étudié en administration des affaires et en économie à l’UQAM. Cette idéologie néolibérale est absolument contraire à la mienne et je dois apprendre à entendre ceux qui ne pensent pas comme moi. C’est le fondement d’un débat de société. En gros cette idée se résume en trois piliers: travailler plus, dépenser moins, épargner plus (à la bourse) dans notre REER et notre CELI, des outils conçus pour inciter les gens à acheter des actions. Sauf que de l’autre coté, ces mêmes braves gens omettent de dire que «travailler plus» c’est travailler dans une économie destructrice de surcroissance, que d’épargner, c’est d’acheter des actions aux multinationales, investir notre argent pour qu’ils nous fassent dépenser davantage. Un cercle vicieux, une contradiction ridicule qui ne se cache même plus. Il faut en finir avec ces sophismes de la droite, cette idée que nous devons diminuer notre consommation, dépenser moins, tout en continuant de nourrir la machine libérale. Ça revient au discours de Justin Trudeau qui nous dit qu’il va nous sortir du pétrole, tout en investissant, dans le pétrole! Comment voulez-vous qu’on change nos habitudes personnelles, quand du même coup on nous bourre de publicités sur Instagram, à la télévision, lorsqu’on nous manipule psychologiquement sur les réseaux sociaux avec cette performance et cette compétition? Comment  voulez-vous investir dans le progrès humain et changer vos habitudes de vie tout en investissant massivement avec des fonds de pension, dans des compagnies voyous, immorales et corrompues, des sociétés pernicieuses qui attaquent notre démocratie et notre bien commun, des sociétés qui nous offrent une tonne de produits inutiles vendus par des influençeurs. Nous finançons notre déclin social.

Je n’en peux plus de cette connerie. Ces mêmes chroniqueurs sont contre la PCU pour les étudiants, sont contre toute forme de redistribution de la richesse, en sachant que l’élite est corrompue, qu’elle vole des milliards chaque année aux citoyens. Il faut avoir du culot ou être complètement timbré pour demander aux étudiants et aux travailleurs de travailler plus, pour combler le déficit budgétaire. Quelle hypocrisie, je croirais entendre Lucien Bouchard «travaillez!» Nous n’avons plus besoin de travailler autant, nous avons besoin de penser, de prendre soin de nous, de ralentir. Nous avons besoin de vivre, de réduire la croissance, de mettre l’écologie et la santé mentale avant tout autre modèle économique stupide. Si nous ralentissons, nos services publics vont coûter moins cher. Ralentir ça veut aussi dire moins de malades, moins de pollution, moins de criminalité, moins d’État, moins de bureaucratie, moins de stress, plus d’études, plus de loisirs, plus d’innovation progressiste, plus de dépenses dans nos commerces locaux, plus de matière grise et de bonheur. C’est ça l’altermondialisme, une refonte de nos façons de vivre en société, une manière différente de consommer dans des biens utiles et essentiels, une simplicité volontaire. Un modèle économique, qui nous pousse à la simplicité volontaire, avec des publicités et du divertissement qui nous incitent à vivre mieux. Pas le contraire.

«Attendre que le monde change.» «Le monde continue de tourner, comme il tourne.» Tout est là, il faut faire le contraire de ce que ce chroniqueur propose pour progresser en tant qu’humanité.

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Être conséquents

C’était cute la campagne de relations publiques d’Alexandre Taillefer et François Legault: le Panier bleu du Québec. Me niaisez-vous? Je ne peux pas croire à quel point vous êtes crédules. Ce que ça prend c’est le rachat de nos terres agricoles, un investissement monstre en agriculture, pas un show de boucane et une campagne de relations publiques.  Les multinationales et les fonds d’investissement sont en train d’acheter toutes nos terres.

McDonalds, Couche-Tard, Dollorama, Apple, Amazon, Facebook, Suncor, Nestlé, Nike, Petro-Canada, Coca-Cola. Avez-vous regardé en quoi consistent vos portefeuilles d’actions, vos fonds de pension? Savez-vous dans quoi vous investissez?

Nous ne pouvons pas investir dans Instagram (Facebook), Vidéotron, TVA, Bell, Powercorp, Google, Twitter et ensuite dire qu’il faut moins consommer ou pleurer lorsque les librairies ferment. Ces compagnies font ça du matin au soir: nous bourrer de produits de consommation inutiles. Lorsque vous donnez des moyens financiers à ces compagnies, elles nous incitent à ne pas changer nos habitudes et à surconsommer. Les gagnants d’OD gagnent des condominiums toujours plus luxueux. Nos vedettes québécoises gagnent des millions, via l’entremise de cachets publicitaires, en nous demandant à longueur d’année d’acheter la dernière voiture, des vêtements haut de gamme, des articles de mode. Les vedettes nous demandent de changer nos habitudes, pleurent devant les changements climatiques et les feux au Brésil, devant la pandémie, mais elles reçoivent de gros chèques afin de vendre des produits de consommation à longueur d’année, des produits achetés à des multinationales qui détruisent notre planète. C’est ridicule et malhonnête.

Si tu investis massivement, par exemple dans Couche-Tard, tu avantages leur pouvoir d’entreprise, tu diminues le pouvoir commercial des petits producteurs locaux. Si tu investis dans Facebook et Google, tu assassines les journaux québécois, l’esprit critique et le débat d’idées.

Tu ne peux pas être triste quand tu vois les feux de forêt au Brésil et manger deux steaks et trois hamburgers par semaine, en investissant dans des compagnies en bourse qui rase les forêts; ou en bourrant tes enfants de Nutella. Tu peux faire ce que tu veux, mais faut que tu sois conséquent quand vient le temps de publier des trucs sur Instagram.

En moins de quarante ans, 60% des espèces d’animaux sauvages ont disparu. Nous tuons des animaux d’élevage chaque jour pour notre consommation. Nous remplissons nos océans de plastique qui se retrouve dans nos écosystèmes. Tu ne peux pas marcher et prendre des égoportraits aux côtés de Greta, vouloir le bien commun et de l’autre côté faire le contraire. Si tu contribues à un fond de pension et tu places ton argent dans des sociétés non éthiques, si tu achètes des actions à la bourse, des actions de sociétés minières, bancaires, pétrolières, agricoles, de compagnies voyous, des commerces de grandes surfaces, tu es ni un environnementaliste, ni un progressiste, tu ne veux pas le bien commun.

Comme disait récemment Alain Denault, un philosophe que j’admire: «Non, tout n’ira pas bien si on continue comme on le fait. Il faut vraiment saisir cette occasion pour travailler à une régionalisation des modes d’organisation et à une modération de notre rapport à la consommation.»

Ça ne va jamais changer

On me dit souvent: «ça ne va jamais changer, tout le monde le fait, c’est le monde d’en haut qui doit décider.»

 © World inequality report 2018

Source: © World inequality report 2018

Ce graphique démontre la projection de l’enrichissement des plus riches (fonds de pension, fonds d’action sous gestion) et l’appauvrissement de la classe moyenne pour les trente prochaines années. C’est un rapport de 2018. Malheureusement, les prochaines projections seront pires suite à la pandémie. La courbe des riches est encore en train de s’accélérer, et vous comprendrez que celle de la classe moyenne est en train de chuter. Nous allons finir par ne plus avoir le choix de servir ces élites si nous continuons ainsi. 1984. La servitude volontaire, l’esclavage moderne.

Cessons d’écouter ceux qui disent: «J’ai hâte de voir si ça va changer.» «En attendant le changement.» «Attendre que le monde change.» «Le monde continue de tourner, comme il tourne.» Cette mentalité, ce cynisme, sont les causes de tous nos problèmes. Il y en aura d’autres pandémies, d’autres crises environnementales, d’autres catastrophes naturelles. Les plus grands scientifiques sur la planète mentionnent que la situation va se détériorer. C’est maintenant qu’il faut amorcer un grand changement, en donnant moins de pouvoir aux États et aux multinationales.

Changer le monde de son salon

En quelques clics, vous pouvez complètement changer vos finances, vos investissements. Vous obtiendrez un peu moins de rendement à court terme, mais vous ferez fleurir l’économie locale et le progrès humain. En quelques coups de fil à votre banquier ou sur internet, vous pouvez changer le monde, en achetant une terre agricole avec quelques amis, en encourageant des producteurs locaux, en investissant mieux, en démarrant le projet de vos rêves, en vous occupant vous-même de votre prospérité et votre retraite. Il y a plein d’investissements alternatifs éthiques et responsables qui sont moins risqués, qui donnent parfois moins de rendement, mais qui font tellement plus de sens pour notre bonheur et notre prospérité en tant qu’humains. Vous n’êtes pas obligés de passer par des fonds de placement et votre conseiller financier. Soyez votre propre banque, empruntez à vos proches, à vos voisins, investissez ensemble dans le projet de vos rêves. Quelques petites idées:

  1. Développons notre esprit critique: lisons des romans, de la philosophie, de l’économie, de la finance et de la politique. Pour moi, c’est tellement important d’être mieux éduqué, moins docile, plus désobéissant devant nos gouvernements corrompus.
  2. Être un activiste de salon, nous pouvons utiliser les réseaux sociaux pour dénoncer les injustices, mettre fin au néolibéralisme et à la mondialisation. N’écoutez pas les gens qui ne font rien et qui vous disent: «tu écris beaucoup sur Facebook.» On s’en criss. Continuez de militer.
  3. Choisir son petit geste: commencez par quelque chose. Que ce soit acheter biologique, localement. Acheter des vêtements recyclés, réduire votre consommation de viande pour l’écologie, utiliser moins la voiture, acheter usagé, acheter des produits organiques. Peu importe ce qui vous fait plaisir à vous. C’est pas moi qui va dire au monde comment vivre. Je n’ai pas cette prétention.
  4. Exigeons que le gouvernement du Québec investisse en santé mentale, que les thérapies comportementales et psychanalyses soient couvertes par l’assurance maladie. Apprenons à nous aimer. Comment pouvons-nous changer le monde, sans s’aimer soi-même? Il faut se séparer de nos mauvaises habitudes. Ça passe par des investissements massifs en psychologie, avec des travailleurs sociaux, dans nos organismes communautaires.
  5. Développer son empathie. Il ne faut pas avoir peur d’aller en thérapie, apprendre à aimer les autres, enseigner l’amour aux autres, ces gens de votre entourage que vous connaissez et qui ont besoin d’aide. Je ne suis pas plus catholique que le pape. Personnellement, la méditation et la spiritualité c’est hyper bénéfique pour moi. Je vous en parle parce que j’ai souffert de problèmes de santé mentale toute ma vie. Et puis, j’ai découvert des trucs alternatifs, dans la médecine orientale, aborigène, lors de mes voyages, y’a plein de belles façons de s’en sortir, en changeant une petite habitude à la fois.
  6. Il faut absolument doubler le budget en éducation pour en stimuler l’accessibilité, enseigner l’économie, la politique et la philosophie au secondaire. Il faut que nos écoles soient des lieux de débats et d’idées, pas des usines pour produire des travailleurs. Un humain heureux, libre, c’est un humain qui veut volontairement participer à l’économie, au marché du travail.
  7. Je crois qu’il faut arrêter de participer à cette grande fraude qu’est la bourse et apprendre à investir par nous-mêmes. Les milliardaires, l’élite, les planificateurs financiers, la droite néolibérale, c’est leur plus grande peur, que vous sortiez votre argent des banques, des fonds de pension, que vous vendiez vos actions. Lorsque le marché des actions sera haut, pourquoi ne pas vous mettre deux ou trois pour acheter une terre agricole, de l’immobilier sans hypothèque, des actifs tangibles, des projets décentralisés en technologies, pourquoi ne pas investir dans une petite compagnie privée québécoise et éthique, qui a le vent dans les voiles? Il y a plein de jeunes entrepreneurs qui ont besoin d’argent, pourquoi ne pas devenir vous aussi entrepreneur? C’est le seul moyen de battre cette grande fraude boursière, un marché manipulé et corrompu jusque dans ses plus profondes racines.

La bourse, c’est le trou du cul du monde.


Sources:

https://www.moneycrashers.com/unequal-access-stock-market-widens-wealth-gap/
https://ips-dc.org/billionaire-bonanza-2020/
https://www.oxfam.org/en/5-shocking-facts-about-extreme-global-inequality-and-how-even-it
https://www.ledevoir.com/opinion/idees/525896/croissance-economique-et-environnement-sont-incompatibles

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Jean-François Hotte

Jean-François Hotte

Entrepreneur, voyageur, avec un intérêt pour les sciences sociales et la technologie.

9 Commentaires

  1. Haaaa ! Enfin quelqu’un qui a mis en mots, ce qui me travaille en dedans.
    Merci pour votre texte. Je vais faire circuler. 😉

  2. Merci pour cet article ! Excellente réflexion et discussion à faire !

  3. j’ai tout lu… ton texte est long mais ça vaux la peine de lire d’un bout à l’autre. Changeons le monde une personne à la fois.. Je fais suivre. merci pour ta réflexion et ton partage.

  4. Jean-François Hotte, j’admire et partage ta réflexion.
    Je suis dans ce processus de transition depuis des années; une étape à la fois.
    La sortie des marchés financiers est nécessaire, mais je trouve que c’est une des étapes les plus difficiles.
    Merci pour le coup de pied au cul.

    MA

  5. Étant artiste pour la paix, j’écris chaque semaine pour notre site et pour l’Aut’Journal des textes sur ce que je connais. Votre texte sur la bourse et l’économie de marchés me rend intelligent sur des sujets où mes seules connaissances me venaient de John Maynard Keynes, de Bernard Maris et de mon regretté ami Gilles Dostaler dont je m’ennuie énormément. Je vous sais particulièrement gré de démolir le mythe de la croissance économique qui démolit l’environnement et de nous avoir épargné le jargon marxiste dans votre superbe analyse. Merci, merci!

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