Richard Martineau, une poursuite, sérieusement?

Pour être honnête, je n’étais pas surpris, ce matin, lorsque j’ai appris la nouvelle.

«Le chroniqueur du Journal de Montréal Richard Martineau poursuit en diffamation le média web Ricochet, son chroniqueur Marc-André Cyr et le caricaturiste Alexandre Fatta pour le texte «Notice nécrologique : Richard Martineau (1961-2016)» et les caricatures qui l’accompagnent.»

Il y a fort à parier que notre «Richard national» préparait son coup depuis longtemps! C’était prévisible qu’un des chroniqueurs du JDM allait abandonner le débat public et la guerre d’idées, pour se tourner vers les tribunaux. Il y a quelques jours, Mathieu Bock-Côté (MBC) mettait la table en demandant la sympathie du public pour le pauvre Richard en signant: À la défense de Richard Martineau. L’autre membre du quatuor, Lise Ravary, avait préparé le terrain de cette poursuite en février avec: Rendus à fantasmer sur la mort de quelqu’un ? Une vraie lune de miel cette gang là, des amis qui se caressent le cerveau constamment, autour d’une bonne bouteille de vin.

Soyons francs, nous le savons tous que cette poursuite est une accumulation de frustrations et une vengeance. C’est un autre chapitre de cette guerre idéologique, cette querelle interminable entre les chroniqueurs de gauche, les écrivains, les universitaires, les philosophes, les enseignants, les intellectuels ET le quatuor du Journal de Montréal et leurs mangeurs de popcorn.

À mon avis, la réputation du chroniqueur n’est pas entachée. Son intégrité non plus. Tu ne peux pas être un chroniqueur polémiste et poursuivre tes opposants pour un texte satirique. Honnêtement, c’est comme si Mike Ward poursuivait un chroniqueur pour diffamation. J’ai beau avoir lu le texte de Marc-André Cyr deux fois, d’un point de vue juridique, elle est où «l’incitation à la haine» et «l’atteinte intentionnelle à la réputation, l’honneur et l’intégrité»? On parle bien de la réputation de Richard Martineau? Cette ancre rouillée dans les fonds marins qui oxyde aux côtés du trésor de Barbe-Noire, de l’épave du Titanic et des minutes de punition des frères Hanson.

Et pour ce qui est des caricatures, Richard Martineau avait pourtant défendu la liberté d’expression dans le dossier de Charlie Hebdo: «Reste qu’ici, la liberté d’expression est à ce prix… Le droit au mauvais goût est protégé… On a le droit de CRITIQUER ou de RIDICULISER N’IMPORTE QUELLE IDÉOLOGIE, N’IMPORTE QUELLE IDÉE, N’IMPORTE QUEL DOGME ET N’IMPORTE QUELLE RELIGION.» Ce qui est bon pour minou, n’est pas bon pour pitou? (Désolé pour les MAJUSCULES, il écrit comme ça Martineau).

Richard avait aussi écrit: «la liberté de tenir des propos choquants, détestables et impopulaires… Si tout le monde pensait pareil, on n’aurait pas besoin de protéger la liberté d’expression! » C’est tellement contradictoire avec sa poursuite. Le tribunal a vraiment retenu cette plainte remplie d’incongruités et de paradoxes avec le poursuivant? C’est sérieux tout ça? Dites-moi que c’est un coup de publicité pour mousser les ventes du JDM dans les prochaines semaines.

Soyons sérieux, cette poursuite, c’est une riposte de Martineau et ses amis chroniqueurs devant leurs adversaires. Selon les chroniqueurs du JDM, les milliers d’accusations envers eux ne sont jamais justifiées. Manque de rigueur intellectuelle. Manque d’éthique journalistique. Rhétorique. Amalgames. Démagogie. Polémique. Division. Incitation à la haine. «Enwèye Richard, tout le journal est derrière toi, l’opportunité est bonne, c’est l’occasion de poursuivre Ricochet, ils vont baver les gratteux de guitares».

L’objectif de cette poursuite-bâillon, ce n’est pas de défendre l’intégrité, la réputation et l’honneur de Richard Martineau. Cette poursuite, c’est celle d’un homme vaincu, d’un arroseur arrosé, c’est le pire des réflexes, c’est l’ultime bassesse comme chroniqueur face aux critiques de ses pairs, face à tous ces gens qui ne sont plus capables de lire ou d’entendre les stupidités du célèbre chroniqueur. Tu ne veux plus jouer à ton jeu préféré Richard? Toi qui as passé ta carrière à écœurer et provoquer le monde?

Est-ce que Richard Martineau s’est levé un bon matin et s’est dit: «Ils veulent me faire chier les petits criss de gauchistes, vous voulez me faire chier les bobos, les bizounours et les intellos, BEN TIN TOÉ, je vais poursuivre Ricochet et ses fondateurs étudiants, ce journal de gauche et Marc-André Cyr. Terminé la Sangria. MOUAHAHAHHAHA.» La cible est parfaite. Ce texte. Ce journal. La Rolls Royce des médias de gauche comme l’avait dit Ravary.

Heureusement, j’ai espoir que les tribunaux en savent suffisamment sur le passé de Richard Martineau et ses déboires dans les journaux pour comprendre que ce n’est pas un cas de diffamation. Richard Martineau est probablement le chroniqueur le plus polémique de notre génération. Il le sait très bien. Son style provocateur divise, ses lecteurs aiment ce genre de climat, c’est drôle, c’est divertissant. Son employeur arrive à vendre de la publicité grâce à «ça». Ce ne sont certainement pas ses capacités d’analyse ou la finesse de sa plume qui sont vendeurs. Le Journal de Montréal n’irait quand même pas jusqu’à niveler par le haut.

Richard Martineau en a marre des critiques? Après avoir insulté presque la totalité des gens chez Radio-Canada, après avoir dit que c’était des «mangeux de merde», après avoir dit que Daniel Thibault était un être dégueulasse et un intimidateur. Après avoir passé deux ans à rire des étudiants et Gabriel Nadeau Dubois. Après avoir traité Louis T. d’imbécile et insulté Alain Gravel et Guillaume Wagner sur les ondes de sa radio poubelle. Sans oublier ses propos envers la communauté musulmane. Après avoir signé des textes comme «les filles, c’est nono». Après son apparition à LCN en burqa. Après tout ça. L’homme ne s’attend pas à quelques répliques dans les journaux?

Franchement, Martineau !

4 réflexions sur “ Richard Martineau, une poursuite, sérieusement? ”

  1. Si je n’aime pas Richard Martineau c’est parce qu’il n’hésite pas à utiliser l’anecdote, l’exagération, l’enflure, l’injure, les sophismes et la démagogie comme « arguments » pour soutenir ses opinions. En fait les quelques textes de lui que je me souviens d’avoir lus n’étaient que ça. Malheureusement ce n’est pas en utilisant ces mêmes procédés que Ricochet va démontrer l’insignifiance de Martineau

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