Reblochon et politique, mon voyage en France

La vie est bonne avec moi dernièrement. J’ai trouvé un remède à mon mal de vivre, mieux manger et marcher de longues heures pendant mes voyages, lever mon gros cul et découvrir l’Islande, les quartiers de Paris, Auch, Toulouse et Barcelone. Tout un remède. Je n’ai même plus besoin de gober des pilules la nuit, je suis tellement fatigué quand je reviens de mes aventures, un petit verre de vin et je dors comme un bébé.

J’ai arrêté de fumer, je bois moins souvent et j’ai recommencé à observer la beauté de la nature. Les fleurs ne ressemblent plus aux roches du jardin. Voyager, c’est efficace pour oublier le quotidien. J’espère que ça durera.

«Excusez-moi messieurs dames, je me nomme Aurélie, j’ai très faim, je n’ai pas mangé depuis deux jours, vous n’auriez pas une petite pièce, ou un billet si vous voulez c’est encore mieux […] excusez-moi messieurs dames, je me nomme Aurélie, j’ai très faim…»

Métro de Paris. Station Bastille. J’adore. Une jeune hippie, pour ne pas dire une gitane, chante son discours avec l’énergie d’un enfant hyperactif. C’est triste. C’est beau.

Paris est riche de culture, les gens sont intéressants et fiers de l’être, la politique jaillit de partout, il suffit d’effleurer le sujet du bout des lèvres et tendre l’oreille: CETA, agriculture, migrants, Valls, la gauche, la droite, les élections… C’est ce que j’aime de la France, les gens. Les gens qui discutent de politique autour d’une tartiflette au Reblochon.

Hélas, je n’ai pas rencontré beaucoup de Français qui connaissent les détails importants sur l’histoire du Québec. Sauf les plus curieux ou ceux qui sont allés à Montréal pour les études ou le travail. La grande majorité des Français avec qui j’ai discuté ne savait même que nous avions tenus (tenu) deux référendums pour l’indépendance. Le Québec et son histoire n’est pas (ne sont pas enseignés) enseigné dans les écoles. C’est dommage, mais ça peut changer. Ça devrait changer. On est quand même un peu Français, non?

Des questions reviennent souvent. «Vous les Québécois, vous vous sentez Français?» «Le Canada c’est froid, c’est au Pôle Nord?», «Trudeau, il est bien?», «Vous avez des tomates et des légumes au Québec?»

C’est dommage que l’héritage français s’est (se soit) perdu. Notre proximité et nos affinités semblent s’effriter. Ça me semble essentiel comme curiosité. Ce serait bien que les Français s’intéressent davantage à nous, pour échanger plus souvent. Ce controversé droit du sang, jusqu’où devrait-t-il remonter dans l’histoire? Plusieurs de nos ancêtres se sont battus dans l’armée française au 17ième et 18ème siècle (siècles), il me semble que la moindre des choses serait de faire plus d’efforts pour réaffirmer nos valeurs et notre héritage commun. Il y a une raison pourquoi autant de Québécois ont la double nationalité.

Aux hommes morts pour la France

Personnellement, je n’ai jamais demandé à servir la Reine d’Angleterre. Si c’est possible, je ne renoncerais pas à une deuxième nationalité, mes ancêtres français ont quand même fait la guerre pour protéger ce pays.

Sans souffrir d’un sentiment d’infériorité, loin de là, comme Québécois, nous pouvons nous inspirer de la France pour différentes choses: les collectifs et les communes (en régions les gens sont très solidaires). La solidarité est très présente, chacun ses forces et son rôle. Et puis, il y a les éco-villages, les terres agricoles partagés dans une association pour le maintien de l’agriculture paysanne et le co-voiturage qui est très populaire. Même Uber est plus progressiste à Paris avec Uber Green (voitures électriques) et Uber Pool (co-voiturage).

Je ne me sens pas étranger ici, les gens sont invitants comme chez nous. Quelques-uns sont ultra chiants, comme partout ailleurs sur cette planète. Le multiculturalisme est présent, depuis toujours, mais ce n’est pas comme dans les médias de droite, rassurez-vous, c’est bien la France. La France avec sa gastronomie, son vin, ses mouvements sociaux, ses débats politiques, ses cafés, ses caniches, ses jeunes, sa fierté, ses rues magnifiques et ses musées. Bon, c’est vrai, il y a aussi des camps de réfugiés et des images sensationnelles dans les médias. Station Stalingrad. Pas-de-Calais. C’est une situation délicate, mais la crise ne se ressent pas dans les rues, malgré les soldats armés de semi-automatiques et les camps de migrants. J’ai marché ou pédalé plus de 100 kilomètres en quelques jours, dans la ville des lumières. Jamais je me suis senti en danger. Le jour comme la nuit.

Est-ce que je me sens Français? Un ti peu. Tout en adorant la culture québécoise et notre magnifique territoire, il y a quelque chose d’unique en France, c’est riche de savoir, ça bouge, l’architecture est sublime et c’est vivant.

Il me semble que le Québec et la France ont tout à gagner en tentant de retisser les liens rompus. J’aimerais bien y venir étudier ou travailler pour en connaître davantage. La France nous ressemble tellement plus que l’Angleterre, les États-Unis ou le Canada. Culturellement, ça saute aux yeux.

Islande

Bref, j’ai soif de voyages et de reportages, ça ne s’arrêtera pas ici. J’ai eu la chance de voyager avec Wow Air, la compagnie aérienne de l’Islande. Si vous allez en Europe, ils ont des tarifs très abordables! L’escale de quelques jours en Islande en vaut la chandelle et survoler le Groenland, c’est magnifique! Mais, il faut bien préparer son voyage et acheter son alcool au Duty Free pour éviter les surprises.

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