2034, ma vision pessimiste de l’humanité.

Ce que vous allez lire n’engage que moi, loin d’être un scientifique ou le prochain Nostradamus. À titre d’être humain, je m’efforce d’imaginer un monde meilleur, un monde plus pacifique où il fera bon vivre. Il y a plusieurs enjeux majeurs qui dessineront le futur, des défis d’une envergure mondiale.

Sur le balcon, je fume une cigarette. Déjà là, je n’écoute pas les médecins qui me disent qu’il y a des risques que j’en meure du cancer. Un comportement très humain. On arrête de fumer, seulement lorsqu’on souffre. Les fêtards sont retournés se coucher, bien bourrés, je n’entends plus la musique et le piochage chez mes voisins. Il y a quelques adultes qui jouent à Pokémon Go sur le trottoir, des sédiments perdus du dernier rassemblement, pas loin du Métro Atwater.

Encore ce soir, tous les humoristes se sont payé la tête de Donald Trump et il y a eu des débats virulents sur le Petit Jérémy. La presque totalité de l’attention médiatique est rivée sur un milliardaire sociopathe ou une politicienne professionnelle. Parfois, au montage il y a quelques images d’attentats terroristes et des torchons sur le sujet à l’aube. Une partie des électeurs ont perdu leurs principes moraux, effrayés, nos voisins du Sud pourraient élire un homme menteur, raciste, homophobe et misogyne à la tête du rêve américain. Ce n’est pas rien. La démocratie ne veut plus rien dire, l’essentiel des campagnes est déraillé, des systèmes à deux candidats, des banques centrales à la solde des multinationales, des campagnes de relations publiques, des médias qui offrent leur tribune au meilleur vendeur. Les dés son pipés. Les sondages aux États-Unis et en Europe nous rappelle le vrai visage de l’Homme dans toute sa médiocrité. Vendredi, 22 juillet 2016, tout va bien sur Terre.

Je ne vous mentirai pas, je ne fais absolument pas confiance à l’humanité pour relever les nombreux défis qui affluent à nos pieds, devant nos yeux. Comme d’habitude, il faut attendre que l’eau nous monte jusqu’au cou avant d’agir, pour réveiller notre instinct de survie. Malgré les innombrables efforts de la communauté scientifique depuis 20 ans, personne ne lève le petit doigt. Comme moi, quand je fume ma cigarette, je sais que je peux en mourir, mais je ne fais rien. Parfois, je demande un Coke Diet au McDonalds, ça me donne le sentiment de faire quelque chose de bien. Comme quand on met nos bouteilles en plastique au recyclage, au lieu d’utiliser l’eau du robinet.

Les changements climatiques, c’est ce même phénomène à plus grande échelle. La croissance économique, c’est la nicotine de nos élus. Sourire dans les sommets sur l’environnement, c’est choisir une boisson gazeuse diète ou boire de l’eau embouteillée à la maison. L’Homme est une chose abjecte. La semaine derrière, en Irak et au Koweït, il a fait 54 ̊C (129,2°F), la température la plus élevée jamais enregistrée sur Terre. Le gouvernement irakien a annoncé un congé de deux jours simplement parce que la température était invivable. Cette situation se reproduira dans plusieurs pays du monde et ce, plus fréquemment qu’avant : Grèce, Algérie, Israël, Inde, Chine, Arabie Saoudite, Libye, Égypte. Selon un rapport publié en 2014 par la Banque mondiale, les températures au Moyen-Orient et au nord de l’Afrique devraient augmenter de 8 ̊C d’ici 2050. Nous savons déjà que la température sur Terre a augmenté de 4 ̊C depuis la période préindustrielle, grâce à l’industrialisation et aux émissions de carbone.

Ça fait longtemps que j’ai baissé les bras, pas par cynisme, j’en suis simplement venu à la conclusion que c’est comme ça la vie. Les gens veulent profiter du moment présent, tant que le confort est de la fête.  Au lieu de se rassembler et de réfléchir aux différents enjeux qui menacent l’humanité, la haine envers l’autre prend le dessus. Des débats futiles, l’imbécilité humaine ne cesse d’insister, elle veut prendre toute la place devant les projecteurs, sur Facebook et Instagram. Mon constat ? Nous sommes des porcs, moi le premier, le monde peut produire assez d’aliments pour nourrir la population mondiale, pourtant le gaspillage est roi, une personne sur neuf souffre de la faim dans le monde. La malnutrition provoque la mort de 3,1 millions d’enfants de moins de 5 ans chaque année, soit près de la moitié (45%) des causes de décès. Selon les récentes statistiques du Programme alimentaire mondial. C’est devenu banal, voire ennuyant de lire ce constat. La maîtresse d’école nous en parlait, rien n’a changé. Je continue d’acheter de l’eau embouteillée et mes légumes pourrissent dans le réfrigérateur. Non, je n’ai pas confiance en l’humanité.

Les changements climatiques

Certaines personnes se scandalisaient de l’arrivée de 25 000 réfugiés syriens au Canada. Un nombre minuscule devant ce qui se dessine à l’horizon. Le nombre de réfugiés climatiques pourrait augmenter d’une manière exponentielle dans un avenir rapproché. Certains climato-sceptiques vous diront qu’il ne faut pas s’inquiéter. Éric Duhaime et ses fidèles me traiteraient «d’enverdeur». Pourtant, les pénuries d’eau sont bien réelles, ces aveugles dubitatifs ne sont jamais morts de soif. Encore selon la Banque mondiale, les récoltes agricoles dans différentes régions du monde devraient diminuer de 30 à 40% dans les trois prochaines décennies. Des chercheurs de l’Institut Max Planck de chimie et de l’Institut de Chypre à Nicosie ont calculé que la température au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pourrait devenir si chaude que l’habitabilité humaine serait compromise. Le nombre de jours extrêmement chauds a doublé depuis 1970. Devons-nous rappeler qu’il y a un demi-milliard d’habitants dans cette vaste région du monde? Selon différentes études sur le climat, la température pendant l’été augmentera deux fois plus rapidement, comparativement au reste du monde.

Évidemment, les riches s’en sortiront sans ecchymoses. Ces jours extrêmement chauds se produiront cinq fois plus souvent qu’au siècle dernier. Selon les mêmes recherches, en 2005, il y avait environ 15 jours de canicules par année, vers 2050 ce chiffre augmentera à 50 jours. Puis, vers la fin du siècle, selon le modèle utilisé par les chercheurs du Max Planck Institute, les jours de canicules (entre 50 ̊C et 60 ̊C) totaliseront 115 jours par année. Un territoire désertique et inhabitable, des millions de migrants, pas 25 000, des millions d’êtres humains. Et puis, il faut ajouter l’augmentation de la pollution de l’air. Les tempêtes de poussière et de sable seront de plus en plus fréquentes. Toutes ces conditions environnementales pourraient forcer les gens à migrer vers de nouvelles terres d’accueil. C’est à ce moment que nous verrons à nouveau le vrai visage de l’humanité.

Pendant ce temps, il y a eu le Brexit. Donald Trump et Marine Le Pen. Des dizaines de partis d’extrême droite à travers le monde montent dans les sondages avec des campagnes de peur basées sur le terrorisme. Même le Japon est au rendez-vous. C’est là que ma vision du futur devient si sombre. L’islamisme radical est un enjeu important. Avec le terrorisme, les politiciens de l’extrême-droite ont le réflexe de vouloir fermer leurs portes aux musulmans et aux nouveaux arrivants en créant de la division. C’est exactement ce que l’ennemi, Daech, veut faire: créer de la discorde et disséquer les liens entre les musulmans et la société occidentale. Une recette explosive, si on analyse le nombre de crises migratoires potentielles qui accourent aux frontières de l’Europe.

Ils iront où ces gens lorsqu’ils mourront de faim ? Il faudrait les laisser mourir au nom des frontières et du nationalisme ? Ce sera la faute du climat ? C’est Mère nature qui décide ? Sommes-nous vraiment devenus aussi bêtes? Quiconque a déjà eu faim, qui a déjà eu de la difficulté à nourrir ses enfants sait ce que l’homme est capable de faire pour sa survie. Le terrorisme? Si l’extrême droite continue son ascension, j’ai bien peur que nous parlerons de guerres et d’attentats terroristes plus souvent.

Plus de 500 millions de personnes vivent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Dans un futur rapproché, le climat dans plusieurs villes développées changera d’une manière telle que l’existence même de ses habitants sera en danger. Cette même température élevée fera des victimes en Amérique Latine, dans les Caraïbes, dans le sud-est de l’Europe et en Asie. Manque d’eau potable, manque de nourriture, crises migratoires.

L’écart entre les riches et les pauvres

Pendant que nous débattons sur des futilités, sur des débats entre la gauche et la droite, les banques centrales maintiennent les taux d’intérêt à des niveaux près de 0%. Celles du Japon et de la Suisse, par exemple, achètent des actions sur les marchés pour faire du rendement. Ce jeu financier et politique est tellement néfaste. Elle n’existe pas la neutralité de l’État. Le rôle des banques centrales n’est plus le même. Ils promettent désormais aux gouvernements de stimuler la croissance  économique par l’achat d’actions. Un jeu très dangereux, imprimer de l’argent pour acheter des actions. À qui profite cette supercherie ? Qui peut se permettre d’acheter des actions à la Bourse ? Les riches évidemment. Cette façon moderne de stimuler l’économie creuse l’écart entre les riches et les pauvres d’une manière alarmante.

Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve, mais c’est un autre gros défi qui cogne à la porte.

Révolution ? Guerre civile ? Crise migratoire ? Dévaluation de la monnaie ? Changement de paradigmes ? Je n’ai pas de boule de cristal, mais cette façon de créer de la croissance ne fait qu’enrichir les riches. Vous y croyez encore à la justice sociale, aux systèmes politiques, à la démocratie? Vous y croyez encore à la gauche et à la droite, lorsque les élections aux États-Unis et tout le système électoral est pourri; des campagnes achetées par les multinationales et les médias. Des milliardaires comme Michael Bloomberg qui endossent le camp Clinton et de l’autre coté, d’autres milliardaires derrière Trump.

Nous ne savons jamais ce que l’avenir nous réserve. Il pourrait y avoir des avancées majeures en technologie, un refroidissement du climat inusité ou même des événements improbables.  Par contre, ce que je sais, c’est qu’un jour les pauvres n’auront plus que les riches à manger. Ce cynisme et cette exclusion vers l’autre, cette droite nationaliste, cet écart entre les riches et les pauvres pourraient créer des conflits et des guerres sans précédents. Le terrorisme est en train de créer un climat malsain sur la planète, il faut y songer deux fois avant d’installer ces politiciens d’extrême-droite sur leurs trônes pour nous gouverner.


Sources:

World Bank http://www.worldbank.org/en/news/press-release/2014/11/24/climate-change-to-bring-more-heat-waves-and-water-shortages-in-the-middle-east-and-north-africa
MPG https://www.mpg.de/10481936/climate-change-middle-east-north-africa
WFP http://fr.wfp.org/faim/faits-et-chiffres


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3 réflexions sur “ 2034, ma vision pessimiste de l’humanité. ”

  1. Très beau texte – tout est dit –
    Mais il ne faut pas culpabiliser pour autant –
    M^me si on se sent impuissant –
    J ‘ ai longtemps culpabilisé aussi – Des gens bien m ‘ ont aidé peu à peu à y voir clair dans cette histoire –
    Par exemple : je n ‘ ai jamais eu une carrure de boxeur – on s ‘ est m^me moqué de moi – Les années , les ami-e-s aidant , j ‘ ai compris que ça n ‘ enlève rien à ce que je suis vraiment , avec mes faiblesses et mes qualités aussi –
    C ‘ est ce que les indhous appellent le  » Karma  » –
    Le karma ce sont les cartes que nous avons en main – les bonnes et les moins bonnes –
    ( encore , j ‘ ai de la chance , je ne suis pas handicapé , ni méchant , pas trop moche , plutôt généreux – nous avons le droit de nous aimer nous-m^me aussi ) –
    On pourrait aussi dire qu ‘ il s ‘ agit d ‘ apprendre à connaître ses limites et jouir de ses possibilités –
    Un de mes amis de jeunesse disait aussi , confronté au culpabilisme de son éducation hyper-catho ( comme moi ) : péché ? quel péché ? je n ‘ ai rien fait de mal ? et il avait raison – il était un gars extrêmement bon – j ‘ ai fait mienne son opinion , m^me si je ne suis pas un saint –

    Alors , agir sur les dangereuses dérives de notre petite planète ?

    Faisons déjà ce que nous pouvons – ce sera bien –

    Si nous pouvons en faire un peu + , ce sera mieux , mais si nous ne le pouvons pas , ne culpabilisons pas –

    Ici , nous avons un petit bonhomme extraordinaire qui s ‘ appelle Pierre Rabhi – Il est très discret mais il a fait plein de trucs géniaux , en Afrique , en France , et un peu partout dans le monde –

    Il a créé un mouvement , colibris – tu pourra trouver des trucs vraiment bien :

    http://www.colibris-lemouvement.org/

    Voilà ,
    j ‘ aime beaucoup la justesse , la sincérité et la générosité de ce que tu dis –

    Amicalement ,

    J'aime

  2. Je suis tout aussi pessimiste. Sans de nouvelles lois et des moyens forts pour les appliquer, rien ne changera. L’homme n’est pas une créature qu’il faut persuader de faire le bien. Il faut l’empêcher sévèrement de faire le mal. C’est une vision pessimiste de l’humanité que je crois néanmoins réaliste. Sans les lois l’homme est essentiellement un loup pour lui-même.

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