Saint-Henri, ces anarchistes ne savent pas viser.

Alors, voilà. Il y a eu ce bum rush dans Saint-Henri. Cette nouvelle a fait les manchettes. Les propriétaires en sont très fiers, de leurs aveux, c’est le meilleur coup de publicité de leur vie. De la poudre aux yeux. Être contre l’embourgeoisement, d’accord, mais s’attaquer à des commerces locaux qui tentent de donner un peu de goût au quartier, c’est complètement stupide.

Depuis quelques mois, un groupe de « pseudo-anarchistes » commet des méfaits et endommage les commerces, les vitrines et les voitures le long du canal de Lachine. Rien de neuf. D’après eux, ça va changer le monde. Ça va redonner au quartier un look des années 50.

Ces réactionnaires s’attaquent au symbole de l’embourgeoisement : une charcuterie de saucisses. Est-ce la bonne cible? J’ai creusé dans ma caboche, je n’arrive pas à comprendre ce geste. J’ai écouté une certaine gauche me dire que, oui. Cette gauche possède ce don de tout endosser au nom du bien commun, tout. À cette question, Fred Burill, porte-parole du Comité Logement de Saint-Henri, répond que les gens du quartier mangent au McDonald’s, qu’ils vont au Dollorama et au Tim Hortons et qu’il ne faut pas s’attaquer à ces multinationales. Il raconte que les gens ne comprennent pas l’économie, la macroéconomie!

Est-ce que M. Burill comprend que les multinationales ne redonnent pas autant à l’économie locale de Saint-Henri qu’un petit commerce qui s’implique dans la communauté? Est-ce qu’il comprend que puisque McDonald’s achète en gros, de son siège social en Illinois, il est normal que leurs saucisses soient moins dispendieuses et que les employés soient moins bien payés? D’un côté, la gauche communautaire dénonce le maigre salaire minimum enraciné dans Saint-Henri, influencé par les multinationales et maintenant, on dit qu’il ne faut pas s’attaquer à eux parce qu’ils ont du stock bon, beau, pas cher. C’est à ne rien y comprendre. Est-ce que M. Burill comprend qu’une diversité commerciale, locale, c’est bon pour l’économie, que c’est propice à la création d’emplois? Dans tous ces commerces et restaurants de Saint-Henri, ce sont des jeunes que je vois travailler, des gens du quartier. Cet argumentaire est rempli de contradictions profondes.

De ces 30 Che Guevara, personne n’a levé la main pour poser des questions sur la cible?

– Steve, pourquoi on attaque une shop de saucisses? Vous pensez pas que l’employée, la petite fille derrière la caisse, elle va avoir peur de nous autres?

– C’est pas une shop de saucisses, c’est une épicerie fine. Go.

La jeune femme derrière son comptoir, c’est moins dangereux que la tour à condos qui fait hausser les loyers, on a moins de chance de se faire pogner. Le courage dans toute sa médiocrité. Pensez-vous un instant qu’un petit commerce local, une épicerie fine, fait grimper les prix en alimentation? Selon vos dires, cette charcuterie participe à un désert alimentaire? Il y a des anarchistes et des progressistes tellement intelligents, mais ces vandales leur font ombrage. C’est dommage.

La réalité, c’est que ces nouveaux commerces ne remplacent pas les commerces où c’est moins cher. C’est justement cette diversité, ce mélange entre l’histoire et le présent qui donne son style à Saint-Henri. Il y a 15 ans les rues commerciales étaient désertes. Est-ce que c’est ce qu’on veut offrir à ce quartier populaire, des emplois peu payants chez Tim Hortons, au Green Spot et au Dilallo Burger?

Robin des Bois

Prendre aux riches et redonner aux pauvres : vous avez donné de la saucisse à qui? On le sait bien que vous vous êtes soulés en mangeant des saucisses sur le BBQ. En fait, c’était quoi l’objectif? Que le quartier reste délabré, que la criminalité revienne comme dans le bon vieux temps, que les toxicomanes retournent dans le parc Vinet en arrière du Joe Beef? Que tout le monde accourt à la soupe populaire? Pensez-vous, un instant, qu’en s’attaquant à un petit commerce local, ça va changer les choses? Ça va faire fuir les promoteurs immobiliers et les géants qui nous pilent dessus? C’est ça qui va empêcher l’embourgeoisement, selon vous? Du point de vue action-réaction, c’est pas fort.

Cendrillon

J’ai déjà hébergé chez moi une jeune effeuilleuse de Québec venue « étudier » à Montréal. Cendrillon. Elle avait menti, à moi et mes colocs, elle n’était pas étudiante en arts plastiques. Tant pis. Cette jeune femme sortait la nuit pour travailler, mais parfois, elle allait manifester avec ses amis.

Pendant le printemps érable, elle s’habillait tout en noir avant de quitter l’appartement. Après avoir passé 30 minutes à maquiller son visage devant le miroir, elle le masquait. Quand je lui ai demandé pourquoi elle avait un bandana noir dans les cheveux, elle m’a simplement répondu : « Je suis dans le Black Block. Sais-tu c’est quoi, J.-F.? Toi aussi, tu es contre la hausse des droits de scolarité. » Elle en était très fière. Pour elle, nous avions un point en commun. Ses motivations? Ses arguments? Un flou total, un brouillard à perte de vue, une contradiction aussi grande que de se maquiller pour ensuite se masquer le visage.

Je l’ai questionnée sur ses motivations politiques, sur ses motivations morales et sur ce qu’elle cherchait. Ça m’intriguait. Pourquoi faisait-elle de la casse? Quels étaient ses arguments? Peu de mots, un regard vide. Cendrillon était incapable de se rappeler un ou deux arguments de Gabriel Nadeau Dubois. Elle était incapable de me lancer une citation de Noam Chomsky ou Sun Tzu. Tout comme son ami qui venait l’attendre dans le salon.

Je m’attendais à une citation comme : « Celui qui sert une révolution laboure la mer » ou « On ne fait pas les révolutions avec de l’eau de rose ». Non. Rien. Ses réponses étaient poreuses, vides de sens et se résumaient à : « Faut brasser de la marde. » « Nous, on fait bouger les choses, pendant que le monde font rien. » « Fuck la police. » « C’est pas en scandant des slogans que tu vas faire avancer les choses. »

J’étais découragé. Le printemps érable était tellement inspirant, mais je savais que Cendrillon existait et qu’elle continuerait d’exister à travers le temps. Je ne veux pas mettre tous les révolutionnaires montréalais ni tous les anarchistes dans le même bateau; plusieurs sont brillants et c’est souvent avec eux dans la rue ou à l’université que j’ai eu les meilleures discussions. Hélas, Cendrillon, c’est ma référence.

Si on demandait aux 30 vandales : « Pourquoi? » Qu’est-ce qu’ils répondraient?

« Fuck you, I peed on you »

Enfin, vers 13 h, samedi, j’ai assisté à une scène assez inusitée, le jour même du pillage de saucisses. Cette journée était particulièrement ensoleillée. Sur le bord du canal de Lachine (c’est là que je vais pour lire et relaxer), à deux pas de chez nous, dans le quartier Saint-Henri.

Sorti de nulle part, un groupe de quatre punks tatoués, patchés anarchistes, s’est mis à crier et à envoyer chier tout le monde. Ils étaient violents et tous les piqueniqueurs et tous les marcheurs se sont retournés vers eux.

Cette scène s’est tenue près de la petite cabane où on loue des vélos, pour ceux qui profitent du quartier. Probablement la prochaine cible du Black Block de Saint-Henri. Tout le monde le sait, les pauvres de Saint-Henri ne louent pas de vélos; ils marchent pieds nus.

Ils portaient des caisses de bouteilles de bière, ces mêmes bouteilles qu’on retrouve cassées le long de la piste cyclable, avec un seul objectif en tête : troubler la quiétude et attirer l’attention. Évidemment, ils buvaient de la Tremblay ou de la Pabst, fiers d’encourager leurs marques de commerce préférées.

Du haut de la passerelle, le plus imbécile du groupe s’est mi à pisser dans l’eau, tout près d’une quinquagénaire qui faisait du kayak (quinquagénaire, ça veut dire entre 50 et 59 ans, si tu lis ce texte, pauvre con). En colère, elle a simplement levé les bras, trop surprise par ce qui venait de se passer. Je n’en croyais pas mes yeux. Ils étaient là à rire, à pisser sur une madame en kayak devant des familles.« Fuck you, I peed on you » qu’il a dit, personne n’a rien fait.

Je les vois souvent ces jeunes cons, marcher le long du canal de Lachine, sur la voie ferrée avec leurs bières. Mon intuition me dit que c’est ce même gang qui a vandalisé l’épicerie fine Ils en Fument du Bon. Pas le Walmart ou le Home Depot, non la shop à saucisses sur Notre-Dame.

Il y a fort à parier que ces imbéciles sont comme Cendrillon. Que les familles à faibles revenus n’ont pas le luxe de ce genre d’action ni de ce discours, trop occupées à survivre.

Comprendre l’action des vandales?

Je ne peux pas concevoir qu’on prenne des raccourcis intellectuels pour justifier ce geste dégueulasse, une cible ratée, tout simplement. On est loin du Parlement, des banques, des multinationales et des grands promoteurs immobiliers qui embourgeoisent le quartier, eux, pour vrai.

Marc-André Cyr, historien des mouvements sociaux, a défendu ces vandales, en parlant pour eux. Dans sa chaise, il fallait choisir un camp. Selon ses dires, la cible, finalement, elle n’était pas mauvaise : « Ce groupe redistribue de la nourriture, de la richesse […] cette cause porte un message […] l’objectif est beaucoup plus dans ce commerce, qui attire une clientèle plus éduquée, que le Loblaw […] les multinationales étaient là avant, elles sont là pour rester. » C’est ce qu’il a dit dans la chronique de Frank Desoer à 15-18, à Radio-Canada.

Si je comprends bien son argumentaire, les multinationales, les grandes marques, c’est correct, elles étaient là avant. Mais la diversité, le commerce local, les épiceries fines, les restaurants, c’est le visage de l’embourgeoisement? Selon ces anarchistes, il faudrait continuer à vendre des sandwichs au baloney à Saint-Henri, des saucisses à hotdog Kirkland du Costco, c’est plus trash, c’est plus real

Ce n’est pas empêcher l’embourgeoisement ça. La lutte à l’embourgeoisement, ce sont ces squatteurs de Londres qui ne voulaient pas perdre leurs logements sociaux. Ce sont ces gens dans les grandes villes qui revendiquent des loyers abordables, qui aident les organismes communautaires et qui militent devant nos élus. La lutte à l’embourgeoisement c’est POPIR-Comité Logement qui milite pour les logements sociaux et qui se bat depuis 1969 dans Saint-Henri contre les promoteurs immobiliers trop avares. Ce n’est surtout pas une bande de petits cons de Saint-Henri.

J’ai toujours appuyé la grogne populaire, les mouvements sociaux, la lutte contre l’homophobie, le mouvement étudiant, le féminisme et les écologistes. Parfois, je crois que le grabuge est nécessaire devant le mutisme et la violence d’une élite politique. Lorsqu’on n’écoute pas son peuple, lorsqu’on nous traite comme des vauriens, il peut y avoir des dérapages. Il doit y avoir des dérapages. Comme au Québec en 2012, comme en France présentement, en Chine ou au Venezuela. J’ai même un certain respect quand c’est créatif et intelligent. Mais surtout quand c’est essentiel.

Je n’ai aucun respect pour ce groupe de pilleurs. La prochaine fois qu’il y aura de la casse pour des causes importantes, la droite-poubelle va se faire un plaisir d’instrumentaliser ces actions. C’est avec ces gestes qu’on enterre les débats, qu’on fait reculer notre cause. Les Gendron, les Duhaime et les matantes de ce monde vont se faire un plaisir de nous le rappeler. Merci d’arrêter de vous approprier des causes importantes pour satisfaire vos pulsions primaires au nom d’une cause qui n’existe pas.

– Signé, un sale gauchiste.


Mis-à-jour  2016-06-01 (22:06):

Je cite Céline Hequet de Ricochet: «On aura rarement vu un Tim Hortons attirer les Young Urban Professionals et faire grimper le prix des loyers. Si Tim s’en met certainement plein les poches, en attendant, il répond aux besoins d’une population aux revenus modestes qui est trop occupée à cumuler les jobs à temps partiel sous le revenu minimum viable pour se questionner sur le caractère éthique ou non des produits qu’elle consomme. En ce sens, la cible semblait au contraire plutôt bien choisie.»

Je n’acquiesce pas cet argument, repris par une certaine gauche, qu’il ne faut pas s’attaquer à eux, parce que ce n’est pas eux la gentrification. Je crois justement que ça fait partie du moule, que ces multinationales, doucement, viennent s’enraciner dans le quartier et empêche la diversité d’un commerce local en santé. Elles perpétuent l’appauvrissement et le nivellement par le bas. Cet argument là, c’est du poison. C’est ne pas comprendre l’effet des multinationales sur une communauté et une économie.


Mis à jour le 2016-06-02 (10:43)

Puisqu’on me cite de grands révolutionnaires dont Camara, pour ce hold-up de saucisses…

Je vais laisser trois citations, ici:

«Toute révolution qui n’est pas accomplie dans les moeurs et dans les idées échoue.» – de Chateaubriand

«La vraie révolution n’est pas celles qui sont sanglantes: elle se produit par le développement de l’intégration et de l’intelligence en des individus qui, par leur vie même, produiront des changements radicaux dans la société. » – Krishnamurti

« La révolution n’est pas la la révolution lorsqu’elle agit en despote et lorsque’ au lieu de provoquer la liberté dans les masses, elle provoque la réaction en leur sein. – Bakounine

À mon avis, ce n’est pas avec ces gestes isolés que nous allons améliorer la condition des résidents de Saint-Henri.

Le noeud de la guerre se retrouve à la mairie, à Québec, dans la gestion des permis de construction, dans la taxation du profit, dans l’aide communautaire, dans les logements sociaux, dans la redistribution de la richesse lorsqu’une tour à condos occupe un paysage culturel et historique.

Pourquoi ne pas taxer les promoteurs immobiliers qui font de trop grands profits? Pourquoi? Pour construire des logements sociaux et offrir aux citoyens du quartier des crédits de taxes, un logement abordable. Je ne suis pas maire. Mais, il y a des solutions.

Hélas, nous avons un maire qui est trop occupé à ramener les Expos et construire des troncs d’arbres en granite pour le 375ième, à des coûts astronomiques, pour se faire du capital politique avec les fonds des contribuables.

Vous me demandiez, c’est quoi alors la cible? Come on…

 

14 réflexions sur “ Saint-Henri, ces anarchistes ne savent pas viser. ”

  1. Très bon texte. Ces hooligans chient sur le peuple qu’ils prétendent représenter. Ce sont des crétins de nihilistes, de la graine à semer des jeunesses hitlériennes et staliniennes. J’oserais presque dire que je suis content qu’il y ait des flics pour en coffrer quelques-uns.

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  2. vraiment trop cave ton texte…. tu descend le printemps erable a cause de une conne qui habite chez vous… cest tres tres subjectif comme histoire et loin de bien representer la majorite des etudiants.. je trouve cette partie de ton texte completement condescendant. et puis tu saura que des punks de rue cest rarement impliqués dans des « actions » de gauche comme celle ci parce quils sont trop occuper a queter de largent et se souler la gueule. desoler tu connais vraiment pas ton truc, ton intuition est assez off. des beaux prejugés

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    1. Han, tu as certainement pas lu le texte dans son entièreté. Je n’ai jamais descendu le printemps érable, jamais. J’ai justement dit qu’il était essentiel, nécessaire et inspirant. Tout le contraire de ce que tu dis. J’ai fait référence à Cendrillon et au Black Block, pour représente cette certaine minorité qui faisait de l’ombrage aux étudiants pendant les manifestations. Jamais, dans mon texte, je n’ai associé les étudiants à eux. Puis pour les punks, ce n’était pas vraiment des punks, du type: itinérants sur Sainte-Catherine. Ils avaient l’air de fouteurs de trouble plus que d’autres choses. J’ai peut-être mal utilisé ce mot. Bonne journée.

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    2. Cher Pfffff, il faudrait apprendre à lire avant de commenter! L’auteur, m. Hotte, est pour le printemps érable! Et je le cite: « Le printemps érable était tellement inspirant »! Il le cite ailleurs dans son texte aussi. Ce qu’il dénonce ici, c’est les imbéciles, comme sa coloc qui casse tout dans le flou, sans trop savoir pourquoi, cette coloc qui n’est pas étudiante, en passant.

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  3. Ça mériterait un coup de bat de baseball le long de la tête pour les faite réfléchir, pour ça que je prêcherais pour un service militare obligatoire ça éviterait probablement des choses comme ça….. Ça leur mettrait un peu de plomb dans tête…

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  4. Une effeuilleuse menteuse, naïve et contradictoire. Des punks pisseux. C’était vraiment nécéssaire de perpétuer les stéréotypes en mentionnant leur « choix de carrière » et leur « style vestimentaire »? Pour la danseuse, il y a moyen de s’assoir et discuter, éduquer. Tu t’es contenté d’un rolleye et d’un billet de blog réducteur? Le ton est vraiment lourd, mais j’ai aimé le début du texte, j’ai eu les informations dont j’avais besoin, merci.

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    1. Pourquoi on ne peut pas évoquer, décrire des rencontres, des événements véridiques. Parfois, la ligne est mince entre le stéréotype et la réalité. Je décris la réalité, ce que j’ai vu et j’ai pris le temps à deux reprises de dire qu’il ne faut pas généraliser et qu’il y a des anarchistes, des manifestants, très intelligents et renseignés. J’ai tenté de discuter avec cette jeune femme, pendant des heures, rien à faire, trop bornée, trop assises sur ses opinions spontanés. Pour les punks pisseux, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu de quoi de dégueulasse de même, si tu avais été témoin de la scène, tu aurais compris.

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      1. JF, ton texte est excellent et très bien dosé. Je connais St-Henri pour y être allé pendant les trois dernières années. Ma petite fille habitait là-bas dans un loft situé au fin fond de ce quartier. L’édifice décrépit s’appelle Le Fatal. Si tu connais, tu vois que je connais les jeunes. Mystérieusement, j’aimais cet endroit. Il y avait toutes sortes de jeunes, et quelques punks. J’ai aussi connu de jeunes anarchistes. Malheureusement, je suis tombée sur des Cendrillon qui n’avaient pas beaucoup de bagout mais qui aimaient surtout l’action facile et sans trop de risques. Alors on repassera pour les discussions intéressantes. Non moi j’aime les musiciens et les artistes multidisciplinaires que fréquente ma petite-fille.
        Non JF, tu n’as aucunement manqué de respect à aucune personne dans ton texte. Tu n’as fait que décrire et nommer les choses. Si on n’a plus le droit de nommer un chat parce qu’il est un chat, alors ados la litérature! Ce ne sont pas tous les punks qui pissent sur les ma dames de cinquante ans. Ce ne sont pas tous les anars qui s’amusent à enlaidir une belle manif d’étudiants. Ce ne sont pas toutes les colocs qui sont des menteuses en mal d’action à cause du vide dans leur cervelle. Si quelques uns trouvent que le chapeau leur fait, qu’ils assument. Toi JF, tu peux dormir sur tes deux oreilles.
        En passant, c’est ma petite-fille qui a mis ton texte sur FB, là où je l’ai trouvé. Je partage aussi.

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  5. Sur courcelle, il y a de nouveaux logements sociaux au coin de la voie ferrée. Tout prêt de la mission. Deux grandes affiches indiquaient la nature du projet.

    Sur la facade faisant face a la voie ferrée, plus long que 10 pieds : « FUCK GENTRIFICATION ».

    Ça c’est bien plus absurde et ignare que d’attaquer une shop de saucisse.

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  6. Il me semble que vous passez à côté du mécanisme social contre lequel s’insurgent vos vandales. Ça n’est pas l’embourgeoisement qui est contesté par les casseurs de St-Henri ou de Hochelaga, c’est la gentrification. L’embourgeoisement suppose un enrichissement collectif, une amélioration des conditions de vie des résidants, et permet entre autres à de gentils saucissiers d’engager des jeunes du quartier et de réinvestir dans la communauté.

    La gentrification suppose un remplacement des populations pauvres par des populations plus riches, et permet à de gentils saucissiers d’engager les enfants de classe moyenne et supérieure qui auront racheté les immeubles du coin pour s’y installer. Les enfants du couple d’assistés sociaux ne seront pas engagés par le gentil saucissier puisqu’en raison de la hausse des loyers ils auront dû déménager en périphérie. Les pauvres sont exclus du processus d’enrichissement, et ceux qui restent perdent l’espace public au profit de gens plus aisés. C’est le cas dans mon parc de quartier: les familles pauvres-pas-de-classe qui parlent mal et qui s’équipent chez Renaissance se font regarder de travers par les tites-madames parfaites qui font leur jogging avec leur pousse-pousse vintage à 800$.

    Évidemment, la stratégie qui consiste à attaquer les commerces pour décourager les gens plus riches de s’installer dans leur quartier est vouée à l’échec; ils vont s’essouffler bien avant que le mouvement de gentrification soit terminé. Lorsque les commerces s’installent, il est déjà trop tard pour stopper le processus. Mais ça n’est pas vrai non plus qu’ils aient à eux seuls quelque possibilité que ce soit d’influer sur la régie du logement, la construction de HLM, le salaire minimum ou le montant de l’aide sociale. 20 bénévoles de plus dans les organismes communautaires ça ne change pas le monde.

    Je n’approuve pas le vandalisme des petits commerces (que j’affectionne, en passant, étant moi-même un agent bien involontaire de la gentrification) et rien ne peut excuser l’ostie de cave qui se sert de l’excuse « bourgeoise » pour pisser sur la petite dame.

    Mais il me semble que la cause mérite qu’on en parle pour ce qu’elle est, et non pas pour ses messagers.

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