Entrevue avec Sol Zanetti, d’Option nationale.

Supporteur d’une convergence entre les partis souverainistes, je n’ai jamais fait dans la dentelle avec Option nationale et Québec solidaire. Forcé d’admettre, maintenant, qu’Option nationale fait tout un travail de militantisme, de conscientisation et d’éducation, notamment avec le livre qui fait dire Oui…

Pour faire suite à mon dernier billet: Une petite fin de semaine en camping pour l’indépendance. J’ai eu l’idée de poser quelques questions aux différents chefs et aspirants-chefs des partis souverainistes. C’est avec plaisir que Sol Zanetti a accepté mon invitation.

Entrevue avec Sol Zanetti

Q: Pour Option nationale, est-ce que l’accès à l’indépendance passe par la convergence des partis souverainistes?

À court terme, oui. Des ententes électorales temporaires en 2018 seraient la façon la plus rapide de faire élire une majorité d’indépendantistes pour réaliser l’indépendance. Ça ne fait pas de doute. Pour qu’une telle entente advienne, toutefois, il faut que tous les partis indépendantistes s’entendent pour réaliser l’indépendance dans le prochain mandat. Ça n’a pas de sens de faire des promesses pour un deuxième mandat hypothétique qu’on n’est pas sûr d’obtenir. Il faut proposer aux citoyens ce qu’on croit être la meilleure chose pour le Québec. Si c’est l’indépendance, il faut s’engager à la faire. Avec un appui à l’indépendance qui tourne autour de 40% comme actuellement, il est très possible de décrocher un gouvernement majoritaire avec des ententes électorales entre le PQ, QS et ON.

Q: Est-ce que la patrie passe avant le parti?

Toujours, bien sûr. Option nationale est arrivé dans le paysage politique au moment où ni le PQ ni QS ne proposaient clairement une démarche indépendantiste. Le PQ proposait de tenir un référendum dans un horizon indéterminé et QS proposait un référendum dans un premier mandat, mais sur une constitution de nature indéterminée, donc pas nécessairement indépendantiste. Malheureusement, le paysage stratégique n’a pas changé. Option nationale est là pour faire exister concrètement un choix clair pour l’indépendance. Le jour où le PQ et/ou QS seront résolus dans leur engagement à réaliser l’indépendance, nous ne laisserons pas des motivations partisanes faire obstacle à la patrie. Mais en attendant, notre parti est essentiel pour faire avancer le débat, faire la promotion de l’indépendance sur le terrain, former politiquement de nouveaux militants et présenter un nouveau visage de l’indépendance aux citoyens.

Q: Quelles sont les démarches effectuées par les différents partis pour se rapprocher? Est-ce qu’il y a eu des discussions sérieuses?

Les Organisations Unies pour l’Indépendance du Québec (OUI-Québec) tiennent une table de concertation des partis politiques à laquelle participent ON, QS, le PQ et le Bloc. Cette démarche doit aboutir pour la fin janvier 2017 à un projet de feuille de route commune pour l’indépendance qui sera présentée aux membres d’ON, de QS et du PQ pour approbation au printemps 2017. C’est une démarche sérieuse, pilotée par Claudette Carbonneau, ancienne présidente de la CSN. Elle s’y connait en négociation difficile.

Q: Selon ce que tu as vu dans les deux dernières années, crois-tu que Québec solidaire est ouvert à se rapprocher du Parti Québécois pour converger vers une réforme du mode de scrutin?

Les membres de Québec solidaire se méfient beaucoup du PQ. Ils n’ont pas tort. Je comprends leur réticence à collaborer, même temporairement, avec cette organisation, surtout au moment où rien n’est proposé de concret à part l’objectif de «battre les Libéraux». Pour qu’une alliance devienne attirante, il faut mettre des choses sur la table. La première chose, pour nous, c’est un engagement clair à réaliser l’indépendance. Une réforme du mode de scrutin est aussi une idée très intéressante, qui, à mon avis, pourrait rendre l’alliance plus intéressante auprès des membres de QS. Mais rappelons-nous que ce n’est toujours pas dans la plateforme du PQ.

Q: Qu’est-ce que le Parti Québécois doit laisser sur la table, s’il veut qu’Option nationale et Québec solidaire convergent?

Le minimum, c’est un engagement clair à réaliser l’indépendance dans un premier mandat. Pour le reste, par respect pour le processus de table de concertation du OUI-Québec, je ne vais pas m’avancer davantage pour l’instant.

Q: Si l’aspirant-chef du Parti Québécois veut réformer le mode de scrutin, la proportionnelle dans les 100 premiers jours, et de faire un référendum dans un premier mandat, seriez-vous prêts à les rejoindre pour 2018?

Ce qui m’importe, c’est ce que les membres du PQ veulent. Jusqu’où sont-ils prêts à aller ? S’ils vont jusque-là, clairement, nous inviterons nos membres à réfléchir à cette question. Cela dit, ce sont nos membres qui auront le dernier mot.

Q: À ton avis, qu’est-ce qui est plus bénéfique pour la population du Québec, un gouvernement libéral jusqu’en 2022 ou une convergence avec des propositions claires (mode de scrutin, référendum dans un premier mandat en 2022)?

Poser la question, c’est y répondre. 😉

 


Ce fut un réel plaisir d’échanger avec toi, Sol. J’invite maintenant les autres chefs de partis et aspirants-chefs à répondre à cet enjeu fondamentale.


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