Chute des marchés boursiers, encore et toujours le bon temps pour acheter?

Mercredi, 26 Août 2015

Il n’y avait pas eu de correction des marchés boursiers américains depuis 6 ans, près de 215% de hausse depuis le creux de 2009.

Et tout à coup, 2.1 trillions de dollars évaporés en 6 jours. Près de 13%. Le SP500 est passé de $2,100 à $1,867$ en un temps record.

Ensuite? Un rebond (26 Août 2015) de 3.9% pour terminer la journée à environ $1,940. Beaucoup de volatilité!

Encore le temps d’acheter?

Tous les gestionnaires de portefeuilles et les conseillers financiers à la banque vous le diront:

-« c’est toujours le temps d’acheter! »

-« Belle opportunité de capitaliser après cette baisse, les fondamentales sont là! »

-« Garder vos actifs sur 20-30 ans, si ça baisse, ça va remonter! »

-« Si tu avais acheté 10,000$ d’actions de Berkshire Hattaway (Warren Buffet) en 1960, tu serais riche aujourd’hui. »

Il faut rester vigilant et attentif.

La hausse du SP500, depuis 2009, est davantage le reflet d’un taux d’intérêt anormalement bas. Ce n’est certainement pas dû aux performances des entreprises américaines. Un bas taux d’intérêt permet aux géants de la finance d’utiliser différentes méthodes toxiques pour enflammer les marchés: les leviers, l’emprunt sur les marchés, comptes de courtage sur marge (emprunter pour investir). Les particuliers, monsieur et madame tout le monde, vont jusqu’à refinancer leur maison pour investir sur les marchés financiers. Mr. Tout le monde est celui qui n’arrivera pas à conserver ses actifs lors des dégringolades boursières.

Avec des taux d’intérêts aussi bas, c’est très alléchant de payer 3-4% d’intérêt annuel sur des emprunts pour allez chercher du 7-8% de rendement, n’est-ce pas? C’est également la recette qui crée des bulles et des crises financières.

Capture d’écran 2015-08-26 à 17.04.20

Buy & Hold (acheter et conserver), à qui cette stratégie financière profite-elle réellement?

Cette stratégie est profitable si tu commences à investir dans un creux et que tu as les moyens de ne pas liquider tes actifs en temps de crise financière; c’est le noeud de la guerre. Une infime partie de la population a les moyens de survivre à des crises financières, immobilières ou à des hausses des taux d’intérêts.

Vos conseillers le savent très bien, ça fait 100 ans que ça dure. À chaque crise financière la classe moyenne liquide leurs actifs (nature humaine).

Il faut comprendre la dynamique et les structures de la finance. Il y a une raison pourquoi des bestsellers sur le buy & hold comme le barbier riche ou The Intelligent Investor existent. Les possédants de la finance moderne veulent défendre à tout prix les intérêts des grandes institutions financières.

À la hausse ou à la baisse, les professionnels de la finance feront de l’argent sur vos investissements ou devrais-je dire sur leurs produits financiers: commissions, frais de gestion, frais fixe. C’est normal, tout le monde étudie et travaille pour leur argent. Il faut tout de même être transparent et honnête par rapport aux statistiques réels et aux commissions.

90% des fonds mutuels sont battus par les différents indices (NASDAQ, Dow Jones, SP500). M’importe quel investisseur peut acheter à bas frais ces différents indices sur une longue période. Les produits financiers des banques sont pourtant plus vendus et plus populaires. (Nature humaine).

Commençons par les frais de gestion (RFG). Le RFG mordille autour de 2 à 2,5 % de l’actif annuellement. Ces frais se retrouvent souvent dans des fonds communs de placement, des fonds mutuels.

Mais l’investisseur ne le voit pas nécessairement, puisque les frais sont soustraits des rendements qui lui sont présentés.

N’empêche, si vous détenez 50 000 $ dans des fonds communs, vous payez sans doute 1250 $ par année, dont 500 $ en commission de suivi à votre conseiller financier. Si votre investissement de 50,000$ perd 50%, vous payerez quand même votre commission sur votre montant initiale. Abracadabra.

Les fonds négociés en Bourse (FNB) sont très populaires auprès des investisseurs avec leurs frais de gestion très faibles.

Mais saviez-vous qu’une centaine de FNB ont une version qui verse une commission de suivi au conseiller ?

Le client paie alors de 0,50 % à 0,85 % de plus par année… parfois sans le savoir. Au total, le ratio de frais de gestion de ces FNB peut atteindre 1,75 % par année, ce qui n’est pas si loin des fonds communs de placement.

Il faut garder cette réalité en tête si vous lisez des articles ou que votre conseiller vous répète à chaque année que c’est le bon temps pour acheter. Posez-vous des questions!

Suite à plusieurs années de hausse, (1993-2000) (2001-2008) (2009-2015) il ne peut pas être mauvais de regarder ailleurs: marchés étrangers, devises, matières premières, valeurs refuges ou bien de patienter sur les lignes de cotés.

Les conseillers financiers vous diront tous: « Non, c’est trop risqué! »

À la hausse comme à la baisse, les pros de la finance font de l’argent sur le volume, la quantité d’argent des clients qu’ils gèrent. Même s’ils savent que le marché est baissier (bear market) ils continueront de vous raconter cette histoire qu’il faut investir sur 30 ans et qu’il faut garder ses capitaux pendant les marchés baissiers, qu’il faut encaisser des chutes de 80% à chaque 10 ans et attendre que ça remonte.

Eux, ils ne sont pas pénalisés sur les fluctuations du marché et les pertes que vous pouvez engendrés. Alors lorsqu’ils disent que c’est le meilleur temps pour acheter, je ne suis jamais surpris.

Capture d’écran 2015-08-26 à 18.52.19

SP500, pourquoi ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour investir sur les marchés américains! 

Rappelons aux lecteurs que le SP500 regroupe les 500 entreprises les plus importantes en capitalisation boursière aux États-Unis, c’est ce qu’on appelle un indice boursier. Il nous renseigne sur l’état de la bourse américaine.

Les gens investissent quand le marché est à la hausse (nature humaine). Encore plus, lorsque les bas d’intérêts sont bas et qu’ils peuvent se permettre de dépenser et d’investir.

C’est connu, 99% des gens n’investissent pas dans les creux comme en 2009-2010, les gens sont prit à la gorge et ont perdus leurs maisons (États-Unis). Quels investisseurs peuvent se permettre d’investir à la bourse pendant une récession, après une faillite, après la saisie d’une maison? La réponse? Les possédants, les institutions financières, les plus nantis. 

Vous avez pariés gros à la bourse en 2007-2008? Votre conseiller financier vous disait que c’était le meilleur temps pour acheter, que la tendance était à la hausse? À ce moment, le SP500 était passé de $1,500 à $1,300 pour remonter à $1,400. Et puis? La dégringolade jusqu’à 735$. S-I-X ans, pour revenir à la case départ sur ses investissements. Avec la crise immobilière aux États-unis, il était presque impossible de pouvoir garder et conserver ses actifs à la bourse pour les Américains. Qui peut à la fois garder ses actifs à la bourse, encaisse des pertes de 100%, une dévaluation de 50% de la valeur de sa maison, une perte d’emploi et une hausse de son endettement? Pourtant c’est la réalité qui a frappé près de 25% des Américain en 2009.

Alors pourquoi ne pas vendre ses actifs et penser à une valeur refuge après plusieurs années de hausse? Par exemple: une matière première historiquement basse comme les minéraux ou le pétrole? Des achats personnels qui ne perdent pas de valeur pour vaincre l’inflation (produits essentiels non-périssables), de l’or, des antiquités, des oeuvres d’art?

Attendez que les marchés s’effondrent et réinvestissez dans un creux, en analysant les graphiques historiques.

Impossible de prédire exactement le haut et la baisse, mais je suis certain que vous arriverez à vendre à 50-75% du sommet et à 25%-50% du creux. Il suffit que de regarder le passé.

Les pros de la finance vous diront que c’est risqué, simplement parce que l’industrie ne fait pas d’argent quand vous êtes sur les lignes de cotés ou dans d’autre véhicules d’investissements.

Le même scénario s’est reproduit de 1998-2000. Une période horrible pour investir sur les marchés financiers. Si vous aviez pariez gros à la bourse pendant cette période, il a fallu attendre H-U-I-T (8) ans avant de revenir à la case départ au sommet de 2007. Huit ans pour que le SP500 revienne à environ $1,500 (moins les frais de gestion, inflation). Vous faites parties du 5% de gens qui réussissent à garder ses actifs à long terme et à traverser des crises financières? Vous avez alors vécus deux crises, 2000 et 2009, alors si vous avez investit 100,000$ en 1999, il vous aura fallu attendre 13 ans pour revenir à la case départ.

Et si 2015-2017 était une autre mauvais période?

Impossible à prédire me direz-vous? Alors pourquoi ne pas prendre vos gains à des rendements raisonnables, fixés, vous avez fait 100% en 5 ans? C’est excellent! Vendez tout, restez sur les lignes de cotés ou dans d’autres véhicules d’investissement, selon la conjoncture économique, analysez si nous sommes dans une période déflationniste ou inflationniste, regardez ailleurs que sur les marchés américains ou canadiens.. prenez la bonne décision.

2001, 2009, 2016?

Il est impossible de mettre une période aux cycles économiques. Même si les crises boursières semblent arriver à chaque 8 ans, il est difficile de prédire exactement l’année où ça ce produira, trop de manipulation. Il faut rester vigilant et attentif aux indicateurs macroéconomiques.

Allez-y donc avec un objectif personnel de rendement. Le système financier avec les banques centrales qui contrôlent le taux d’intérêt sont conçus pour que le marché soit en dent de scie. Il n’est pas impossible de sortir des marchés à la hausse au bon moment. 

Évidemment, c’est le scénario le plus pessimiste, mais il est important de bien comprendre que, non ce n’est pas toujours le bon moment pour investir à la bourse. Ce n’est qu’une infime partie de la population qui réussissent à Buy & Hold et faire des profits en survivant aux crises économiques.

SP500 et bas taux d’intérêts

Les institutions financières et les mieux nantis peuvent emprunter dans certains pays à 1-2% d’intérêt pour investir à la bourse.. Les leviers sont devenus inquiétants.

Il faut admettre que les revenus des entreprises du SP500 n’ont pas montés considérablement pour soutenir cette hausse depuis la crise financière.

Quelques graphiques pour mieux illustrer cette affirmation:

Capture d’écran 2015-08-26 à 16.58.09

Le S&P 500 P/E Ratio démontre la hausse du prix des actions / les revenus. En seulement 4 ans, le prix des actions a doublé comparativement aux revenus des entreprises.

En d’autres mots, plus le P/E Ratio est élevé, plus le prix des actions est élevé versus sa valeur réelle, (ses revenus). On constate que le prix des actions montent beaucoup plus rapidement que les revenus des entreprises. Ce qui est un signe de gonflement. Certains vous diront que le P/E peut monter infiniment dans certains secteurs et que ce n’est pas un indicateur important, j’ai quelques réserves sur ce sujet. C’est très spéculatif, les gens investissent non pas sur l’entreprise actuelle, mais bien sur les profits potentiels que cette entreprise peut généré. En grande majorité, les objectifs, les bénéfices futurs ne sont jamais atteints.

Le gouvernement américain a emprunté des milliards de dollars pour sauver et stimuler l’économie américaine. Un jour ou l’autre il faudra rembourser les intérêts sur cette dette. La croissance de la dette est passée en mode TGV.

Capture d’écran 2015-08-26 à 19.23.34

Voici quelques graphiques sur les ventes et les revenus des entreprises du SP500

Capture d’écran 2015-08-26 à 17.29.41 Capture d’écran 2015-08-26 à 17.31.51 Capture d’écran 2015-08-26 à 17.32.15

Conclusion

Les marchés américains sont performants à cause de l’endettement national, l’injection de capital dans la bourse, et l’augmentation monstre de l’investissement dans un secteur qui commence à mal vieillir: l’extraction pétrolière.

Malgré les bons résultats de l’emploi aux États-Unis, malgré tout ce qu’on entend sur cette relance économique, il faut faire très attention! Les marchés américains ne sont pas performants à cause de nouvelles technologies révolutionnaires, d’entreprises innovatrices et de résultats spectaculaires. Nous pourrions voir le SP500 monté jusqu’à $2,300 même $2,400 puisque le taux de chômage aux États-Unis est bas, le taux d’intérêt est très bas et l’économie américaine va quand même bien. Par contre, si les États-Unis continuent de stimuler son économie par l’endettement, nous pourrions voir voir le SP500 à $1,500 dans les prochains mois, prochaines années.

Je me garderais une petite gêne de dire aux gens que c’est le temps d’investir dans les marchés américains, après 6 ans de hausse.

Je vois de meilleurs rendements potentiels ailleurs dans le marché des matières premières, le pétrole, dans certains pays émergents comme l’Inde, le Brésil, l’Éthiopie, l’industrie pétrolière au Mexique et même la Chine, suite à leur dégringolade.

Le meilleur temps pour recommencer à acheter des actions américaines, c’est lorsque le SP500 tombera à nouveau à $1,500 ou encore plus bas. D’ici là, je vais être un simple spectateur des fluctuations boursières à Wall Street.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s