Hausse d’impôts des riches : l’idéal socialiste ? Ha oui, vraiment

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Hausse d’impôts des riches. L’idéal socialiste? Ha oui, vraiment?

Il n’y a pas si longtemps, les libéraux et les caquistes utilisaient constamment cet argument démagogique: «les étudiants québécois sont ceux qui déboursent le moins pour étudier en Amérique du Nord. Ils doivent faire leur juste part. Il faut ajuster les frais de scolarité à la moyenne nord-américaine, c’est logique, ça va de soit». – Jean Charest et François Legault.

Maintenant, nous savons que: «les riches québécois (130,000$ individuel) sont ceux qui payent le moins d’impôts en Amérique du Nord». Mais, les partis de l’opposition s’opposent à une hausse de leurs impôts. Deux poids deux mesures. L’argument précédent, celui de la moyenne nord-américaine ne tient plus? Ne faudrait-il donc pas aussi équilibrer et ajuster l’imposition à la moyenne nord-américaine pour les riches? La CAQ et le PLQ utilisent la démagogie quand ça fait leur affaire, en voilà encore une preuve.

Rappelons les faits. Le Parti québécois a annoncé qu’il va augmenter l’impôt sur le revenu imposable dépassant les 130 000$. Il augmentera aussi les gains en capital et les revenus de dividende. Pour ce qui est des gains en capital, le PQ veut hausser de 50 à 75% la portion imposable. Et au sujet des revenus de dividende, il entend couper de moitié le crédit d’impôt accordé. Est-ce qu’il faut véritablement s’alarmer comme sous-entend l’opposition?

Je ne crois pas. Économiquement, cela aura un petit impact sur la condition des plus riches. Oui, si on augmente leur impôt, ils seront inévitablement un peu moins riches! Au lieu de faire 158,000$, il feront 155,000$. Au lieu de consommer 90,000$ par année en biens luxueux et en dépenses secondaires, ils dépenseront 87,000$. C’est leur droit, c’est leur argent promptement mérité. Mais, est-ce que ça l’aura véritablement un impact important sur notre économie québécoise et le reste de la population?

Les partis de l’opposition et certains de leurs journalistes coqueluches proclament que ça va créer de l’incertitude et que les entrepreneurs vont quitter pour le Nunavut et le Bangladesh. Il est arrivé la même chose aux États-Unis lorsque le président Obama a voulu restructurer le système bancaire et l’imposition des plus riches la  »Warren Buffet Rule ». Partout dans le monde, les gouvernements réétudient les vieux modèles fiscaux. Alors si on augmente l’impôt des plus riches en Ontario, aux États-Unis et ailleurs; où déménageront les entreprises québécoises? Encore une fois, les partis de droite au service des entreprises et de leurs amis utilisent la même technique pour apeurer la population et satisfaire leurs intérêts.

Sachant que bien souvent la plupart des dépenses des riches sont superficielles et luxueuses: restauration, hôtellerie, voitures de luxes, Apple, Dolce & Gabbana, Rolex, Hilton, etc. À la source, c’est connu les ultras-riches enrichissent les corporations étrangères. Oui, s’ils dépensent beaucoup ça l’encourage la production et l’économie du Québec. Mais, pouvons-nous analyser les chiffres en détail? Quel effet ça pourrait avoir si on prenait un minuscule pourcentage de leur fortune pour alléger la classe moyenne, la grande majorité de la population. Effet positif ou négatif?  N’est-ce pas plus intelligent de donner un plus grand pouvoir d’achat à la classe moyenne?  N’est-ce pas plus intelligent de réduire l’écart entre les riches et les pauvres? N’est-ce pas plus intelligent de donner plus de facilité à classe moyenne par l’entremise de la santé et de l’éducation pour la rendre plus riche? Une classe moyenne avec un plus gros pouvoir d’achat pourrait davantage investir et consommer en masse dans l’économie du Québec. Sous-poudré de protectionnisme et de rêve, nous pourrions même devenir un peuple qui achète des produits du Québec!

Certainement, lorsque les riches dépensent de l’argent ça stimule l’économie; par la taxation sur la consommation. Mais au delà de ça, qui est-ce que ça stimule réellement? La réponse: une économie à eux, des échanges d’argents entre eux, leur petit monde bourgeois tricoté pour à eux. Une économie secondaire, parallèle à la nôtre. Bien souvent au grand profit de corporations étrangères. Quand la classe moyenne possède un plus grand pouvoir d’achat et non seulement les riches; c’est tout le Québec qui en profite. L’effet serait très positif, plus de PME seraient créés, moins de chômeurs au bord du gouffre. Lorsqu’on augmente l’impôt des riches  »de manière intelligente », je doute qu’il faut avoir peur pour nos marchands et entrepreneurs locaux. Le boulanger du coin va continuer de vendre son pain. Le franchisé McDonald’s de St-Sauveur ne fermera pas son usine à hamburger. Au Québec, une hausse des impôts pour les riches de façon équitable et un réajustement des paliers d’imposition n’auraient que pour but d’améliorer l’équilibre budgétaire et le climat social. De plus, le Québec n’arrête pas de s’appauvrir et de s’endetter, alors pourquoi ne pas essayer une autre méthode? Les statistiques sont là, les riches québécois sont les mieux  »encouragés » par leur gouvernement.

À 130 000$ de revenu individuel «imposable», oui on est riche

L’impôt additionnel au Québec s’applique seulement à partir d’un revenu fiscal imposable déclaré de 130 000$ l’an, ce qui veut dire dans bien des cas un revenu brut de 200 000$, auquel le contribuable peut déduire un paquet de déductions (REER, actions accréditives, REEE, fractionnement du revenu, incorporation, Céli, paradis fiscaux, fiducies familiales, stock options, etc.). En fait, le véritable revenu économique est beaucoup plus élevé que le revenu fiscal que le contribuable «déclare» volontairement au fisc. Voir l’article du légendaire Léo-Paul Lauzon sur le sujet: http://blogues.journaldemontreal.com/lauzon/actualites/les-lamentations-des-riches-et-leurs-pleureuses/?fb_action_ids=4063404500866&fb_action_types=og.likes&fb_ref=.UGOoSV4-V9Y.like&fb_source=other_multiline&action_object_map={%224063404500866%22%3A469950736360654}&action_type_map={%224063404500866%22%3A%22og.likes%22}&action_ref_map={%224063404500866%22%3A%22.UGOoSV4-V9Y.like%22}

La démagogie et la rhétorique de François Legault et de Jean-Marc Fournier de l’opposition.

Il ne faut pas succomber au lobby  »pro-consomption », pro-capitaliste, au marché corporatif étranger, cette mascarade, ce marché de la bêtise humaine. Lorsqu’on augmente l’impôt des plus riches, un minuscule pourcentage de leur fortune est touché. Arrêtez d’avoir peur avec la rétroactivité d’un an. Ceux qui touchent 130,000$ et plus ne contracteront pas une deuxième hypothèque pour payer le surplus d’imposition demandé. Au contraire, les québécois pourront payer 200$ de moins en impôts, cela fait bien souvent la différence pour quelqu’un qui gagne seulement 15,000$. Dans ce sens, il ne faut pas s’inquiéter et succomber au message de terreur de l’extrême droite. NON, ce ne sera pas la fin de notre économie, les usines ne fermeront pas leurs portes. Les minières n’iront pas ailleurs. Encore de la peur et toujours de la peur pour que les lobbys et la minorité de riches restent encore et encore plus riche.

Où ira l’argent des plus riches si on hausse l’imposition?

Au lieu d’augmenter les ventes de BMW Canada, différents marchés seront stimulés. Cet argent servira à aider la classe moyenne qui est déjà surtaxée.  Oui, je vous l’accorde, parfois la classe moyenne ne gère pas bien son argent. Elle est aussi une adepte de la surconsommation. Mais, lorsqu’elle gère mal son argent ce sont les compagnies de crédit, les banques et les corporations qui en tirent profit. Une personne mieux éduquée gère mieux son argent et participe à l’amélioration de l’écart entre les riches et les pauvres. Il faut donc redistribuer l’argent des riches de manière intelligent vers l’éducation, l’instauration de cours en planification financière au secondaire et mieux préparer notre jeunesse. J’avance aussi qu’il faut réajuster la redistribution fiscale de manière éthique, pour améliorer les finances publiques, il ne faut pas s’inquiéter pour la minorité de riches, ils vont continuer d’être riche. J’aimerais voir une économie de consommation québécoise plus propre, plus intelligente mené par une classe moyenne mieux nanti, elle représente la grande majorité de la population et l’avenir du Québec. Ce sont les travailleurs et travailleuses de la nation.

L’argent des riches, ça se mérite.

Il y a beaucoup d’importance à accorder à l’éthique de la redistribution fiscale. On ne peut pas simplement prendre aux riches et donner aux pauvres comme Robin des bois. Les riches arrêterait tout simplement de s’enrichir. Il faut aussi arrêter de prétendre que l’individu dans la classe moyenne profite du système, prend et continue de prendre aux riches sans jamais vouloir avancer dans la vie. C’est faux de penser que plus qu’on en donne aux pauvres, plus qu’ils en veulent. Ils méritent un minimum de redistribution, en toute dignité, ils méritent ce que la Terre leur offre et ce que les riches leurs volent. Les détracteurs du socialisme et de la justice sociale affirment souvent que l’idée de la redistribution socialiste est plus souvent sentimentale que logique. Plus sentimentale que logique! Je me suis questionné sur cette affirmation. C’est ce que répète Bertrand de Jouvenel, dans The Ethics of Redistribution publié à Cambridge University en 1952. Son oeuvre est inspirante, mais il y a plusieurs failles en constatant où le système capitaliste nous a amené en 2012. De quelle  »logique » parlons-nous? Une logique économique ou morale? J’avance que la redistribution a prit des proportions démesurés, mais nécessaires vu les circonstances. Il faut mettre en contexte le système de redistribution aux cotés du système capitaliste prédominant. Nous ne pouvons pas nier l’évidence du capitalisme effréné et de l’avarice individuel et corporatif. Le taureau de Wall Street n’a plus aucun contrôle, il fonce vers l’inconnu. C’est un problème lorsqu’on veut ensuite réfuter et attaquer la redistribution et la  »justice sociale ». J’avance que la redistribution, la taxation progressive sur le revenue vient stabiliser l’économie de façon équitable. Sans ce système, rien n’arrêterait la folie du pro-capitalisme. S’enrichir, cette course pour dépasser ses voisins n’est pas pour tout le monde. Par contre, manger, se loger, vivre et mourir dans la dignité c’est conçu pour tout le monde. Mussolini, oui oui, Mussolini a déjà eu de bonnes idées. Il proclamait que le droit des nations plus pauvre à une part égal des ressources naturelles et des ressources agraires mondiales serait la façon la plus équitable et adéquate pour partager la richesse. C’est le modèle le plus près de la justice sociale. Hélas, la mondialisation corporative et le capitalisme empêche ce modèle de redistribution  »logique », nous voilà donc avec un système de redistribution fiscale, un système monétaire créé pour que les plus pauvres puissent survivre. Un système où on donne l’illusion de partage, mais où que 1% de la population réussit à soutirer plus de 90% de la richesse mondiale. Notre planète à elle seule fournit assez de nourriture pour nourrir 3 planètes comme la nôtre. Diantre, trois corporations contrôlent maintenant 89% de l’alimentation sur Terre, voir l’oeuvre de Noam Chomsky sur le sujet. On oublie souvent, mais 1 personne sur 6 souffrent de la faim dans le monde, 24.000 personnes meurent de faim chaque jour dans le monde, soit une toutes les quatre secondes. – Statistiques 2011 de l’ONU. Voilà où le capitalisme imprudent nous a mené. Certains  »trop riches » contrôlent la vie de millions d’individus par la faim, par la vie. Voilà une raison  »logique » et  »morale » pour prendre aux riches et donner aux pauvres.

Les décisions du Parti Québécois.

Suite au récent virage vert du Ministère de l’Environnement et des Ressources Naturelles dirigé par Daniel Breton et Martine Ouimet, le PQ s’enligne aussi dans la bonne direction pour ses finances.

Pauline Marois (p.m) et Nicolas Marceau (m. des finances) ont abolît la « taxe-santé ». C’est une décision pour alléger le fardeau fiscale de la classe moyenne. Mais, ça prend de l’argent pour combler ce trou budgétaire. Le Québec doit aussi envoyer de l’argent vers l’éducation, ça fait assez longtemps qu’on en parle. Alors on le trouve où ce fric? Lorsque notre classe moyenne sera désengorger, il y en aura de l’argent ailleurs. Pour l’instant, il n’y en pas ailleurs et nos riches au Québec ne sont vraiment pas à se plaindre. S’ils sont riches, c’est bien à cause des consommateurs de la classe moyenne.

Il faut faire confiance à notre nouveau ministre des finances Nicolas Marceau. C’est loin d’être un imbécile comme avance ses opposants. Son équipe et lui sauront calculée et balancée les finances publiques pour ne pas tomber dans l’inégalité et pour ne pas favoriser injustement la classe moyenne; simplement en pigeant dans la poche des riches. Si j’étais riche, je serais fier qu’une petite partie de ma fortune contribue à l’amélioration du Québec. Nous sommes bien loin d’un manque d’éthique sur la redistribution ici. Sans parler des fortunes héritées de familles en familles qui sont non redistribuées et non-imposables, de l’argent toujours dans les mêmes mains. Ça c’est un autre sujet…

Laissons la chance au coureur. En attendant, vous pouvez lire la biographie de notre nouveau ministre des finances.
Études

M. Marceau termine son baccalauréat (BA.) en sciences économiques à l’Université de Montréal en 1986, et y obtient son diplôme de maîtrise (MA.) deux ans plus tard. Il complète son diplôme sous la direction du professeur François Vaillancourt, avec qui il publie son premier article scientifique dès 1992. Il poursuit ses études doctorales (Ph.D.) au département d’économie 1 de l’Université Queen’s à Kingston (Ontario). Il obtient pour son doctorat la bourse du Fonds pour la formation de chercheurs et l’aide à la recherche (FCAR). Il complète sa thèse sous la direction du Professeur Robin Boadway, spécialisé en économie publique et membre de la Société royale du Canada.
Carrière académique

Spécialiste de l’administration publique, Nicolas Marceau devient professeur adjoint au département d’économique de l’Université Laval en 1992, immédiatement après avoir terminé sa thèse. En 1996, il est embauché au département des sciences économiques de l’Université du Québec à Montréal, où il deviendra tour à tour professeur agrégé (1998) et professeur titulaire (2001). Il y enseigne l’économie publique et la théorie microéconomique au baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat.

Il obtient le Prix d’enseignement de l’UQAM à 5 reprises :

Automne 2006: Microéconomie III, ECO 3012
Hiver 2004: Économie publique, ECO 8005
Automne 2002: Microéconomie avancée, ECO 7001
Hiver 2002: Microéconomie III, ECO 3012
Hiver 2001: Microéconomie III, ECO 3012.

En 2005, il est invité à enseigner à l’Université de Barcelone.

Il a supervisé plus d’une trentaine de mémoires de maîtrises.

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