Fort McMurray, le trou du cul du monde.

Je m’excuse à l’avance, il est possible que la poussière ne soit pas encore retombée.

Avant de lire ces quelques lignes, il faut mettre de coté la sensibilité et la compassion pour les gens qui ont perdu leur maison. Sans coeur, aussi immonde que ça puisse paraître, il faut faire abstraction de ces vies chamboulées. Il y a parfois des événements ironiques dans la vie. Des situations qui nous permettent de penser autrement, en perspective, à quelque chose de plus grand. Lire la suite Fort McMurray, le trou du cul du monde.

Les chroniques du gardien # 1

3 am…

Nouvel emploi. Gardien de sécurité au Château. Retour aux sources. Faut ce qu’il faut. Ça fait du bien de parler aux gens. Les itinérants qui viennent se réchauffer pour faire caca, les ivrognes, les fêtards et les sniffeux de poudre dans les chiottes. Des gens qui parlent beaucoup à trois heures du mat’. Je me sens comme une barmaid. Hier, j’ai mis fin à une bousculade, deux jeunes professionnels arrogants qui avaient passé trop de temps dans les toilettes. La drogue des riches. Invincibles, ils s’amusaient à se plaquer sur les murs, le problème, c’est les dommages. C’est moins drôle de payer le lendemain.

Il y en a beaucoup des salles de réception, ici. Je croyais pouvoir faire ma ronde de sécurité en paix. Non. Ça n’existe pas la paix, ici. J’ai rencontré un homme de vingt-cinq ans, inconscient sur le sol. Il parlait trois langues en même temps. Sa femme aussi. «Papi, me amor, réveille toi, wake up!» Dead Obies peuvent aller se rhabiller.

Sa femme et ses amis riaient de lui, jusqu’au moment où il a chié dans son pantalon luisant, et vomi sur son veston neuf, avec sa belle cravate brillante, on aurait dit qu’il l’avait empruntée à son père. Ça venait peut-être de chez Moores. Qui sait? «Vous pouvez nous aider à le trainer jusqu’à la voiture Monsieur?» «Oui, avec plaisir!» Les gens s’amusent, les fêtards, tout le monde doit décrocher le week-end, n’est-ce pas? Joyeuses Fêtes.

Reblochon et politique, mon voyage en France

La vie est bonne avec moi dernièrement. J’ai trouvé un remède à mon mal de vivre, mieux manger et marcher de longues heures pendant mes voyages, lever mon gros cul et découvrir l’Islande, les quartiers de Paris, Auch, Toulouse et Barcelone. Tout un remède. Je n’ai même plus besoin de gober des pilules la nuit, je suis tellement fatigué quand je reviens de mes aventures, un petit verre de vin et je dors comme un bébé. Lire la suite Reblochon et politique, mon voyage en France

Islande, discussion avec des militants du Pirate Party

À l’approche des élections en Islande, je me suis posé la question si je devais écrire un texte délibérément enthousiaste sur les paysages spectaculaires et les chutes «les foss», les baleines, les geysers et les très jolie Islandaises. Un texte du genre Canal Évasion, traitant d’un tourisme fantastique, un pays parfait, afin que Wow Air me paie le billet du retour. Je dois l’admettre, l’Islande est indéniablement belle, c’est féérique. Une culture riche et unique, des contes et des histoires sur les elfes et les vikings, des panoramas digne de Mars et du Seigneur des anneaux, de jolies maisons aux toits colorés, l’océan, les montagnes et des gens forts sympathiques. Lire la suite Islande, discussion avec des militants du Pirate Party

À bientôt les amis !

Ça fait longtemps que je ne vous ai pas écrit ! Je ne savais pas trop quoi dire. Dernièrement, je me suis concentré sur mon roman, j’ai bu un peu, c’était mon anniversaire et j’ai essayé de dormir… sans succès. Octobre. Quelque chose comme une fatigue saisonnière. Je suis allez voir la pharmacienne, elle m’a conseillé de prendre de la mélatonine pour mon sommeil. Encore ça !

« Pardon, madame, je ne pense pas que ce soit assez fort pour moi.

— Mélange le tout avec un peu d’alcool, ça devrait fonctionner, trois pilules, trente minutes avant le dodo. »

Un peu d’alcool ! C’était une vraie. Ça a fonctionné les deux premières nuits, et puis j’ai recommencé à écrire et faire de l’insomnie.

« Les matins me donnent la nausée, c’est à vomir, j’aimerais que la nuit soit éternelle sans cette pression, cette société, ces taxes, cette routine, j’aimerais passer inaperçu, quelque part sur une île avec de la musique, des livres, mes crayons et du vin, beaucoup de vin, du whiskey et des glaçons, des femmes et du soleil, un arc et des poulets. Il n’y a plus rien à faire lorsque les fleurs ressemblent aux roches du jardin, lorsque nos amours deviennent étrangères. »

Un passage de mon roman. Celui que j’écris depuis trop longtemps déjà. Je devais avoir le cafard, seul dans mon appartement, le soir le verre à la main, c’était peut-être la nuit. Ce n’est pas important. Les vieux hommes qui boivent et qui écrivent, c’est bien romantique dans les romans, mais dans la réalité, ce mode de vie, ça fait engraisser et ça donne mal à tête. J’ai besoin de me déconnecter de mon écran, de mon cellulaire et des gens, j’ai besoin de me ressourcer.

Pour tout vous dire, il y a quelque chose d’inné en moi qui m’empêche d’accomplir mes rêves. Je suis continuellement désintéressé par les choses, les études, les projets d’affaires, les quatre murs de mon appartement et les gens. Les gens surtout. J’ai de la difficulté à trouver un sens profond à ma vie. Il y a toujours quelqu’un pour me demander :

« Es-tu en dépression ?

— Bah non, je ne crois pas. »

En fait, je n’en sait rien. Ma vie, c’est bien simple pour les autres, mais tellement compliqué pour moi. C’est absurde, une conclusion, un aboutissement, le long raisonnement d’un vieillard qui doit choisir entre des bobettes noires ou blanches, quand on sait très bien qu’elles finiront par être brunes. J’ai toujours besoin d’instabilité et d’aventures pour exister.

La vérité, c’est que je n’ai pas vraiment de motivation, les prédicateurs sur YouTube m’énervent solide, tout comme les gens trop heureux et les mangeurs de choux frisés qui joggent sur le Mont-Royal. Ceux qui croient tout savoir après avoir lu un best seller sur «Comment devenir riche.» Pour moi l’alcool me permet de me concentrer sur l’essentiel, sur l’écriture, sans penser aux futilités qui font des allez-retour dans ma tête. «When you drank the world was still out there, but for the moment it didn’t have you by the throat.» Charles Bukowski. Comme le vieux Hank, Henry Chinaski, j’ai commencé à boire plus fréquemment pour respirer un peu, et avant que ça devienne un problème, j’ai décidé de faire un petit sevrage. C’est fait, c’est booké, je quitte demain pour l’Islande et la France… pour quelques semaines. Ça va faire du bien.

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Reykjavik

Dans les dernières semaines, au grand désarroi de ma mère, j’ai eu terriblement envie de crisser mon camp. Ça fait trois fois qu’elle me répète : « je ne suis pas certaine que c’est une bonne idée Jean-François ! Tu devrais te trouver une job ici ! » Enfin. Présentement, lire, écrire et découvrir un nouveau pays, allez à Reykjavik ou à Nice, ça me semble beaucoup plus intéressant que de me lancer dans une carrière et des projets à Longueuil ou Saint-Eustache.

Le journalisme m’appelle, le goût de l’aventure, correspondre et voyager m’intéresse, ça me stimule intellectuellement, ça m’aiguise plus que la nouvelle saison des Canadiens. Reykjavik. Pourquoi pas. La culture en Islande m’intéresse, les paysages semblent magnifiques, cette nouvelle économie, ce nouveau souffle, cette femme députée qui allaite son enfant en plein discours, ces banquiers emprisonnés, cette démocratie ; il y a quelque chose de beau là-bas, ça m’intrigue. Et il faut dire que c’est vraiment abordable avec Wow Air, c’est presque gênant de ne pas y aller. Je ne suis pas payé pour mettre le lien. Je trouve juste ça formidable de pouvoir allez en Europe pour si peu. 

Paris, Béziers

Heureusement, j’ai quelques amis en France et d’anciens colocs du Plateau Mont-Royal, Lucie, Adrien et Yves. Ils sont assez généreux pour m’héberger quelques jours, j’ai des opportunités, le temps que j’enquête sur la politique française, ce ramassis d’idéologies, Mélenchon et sa lancée, Macron, le retour de Sarko et le Front national qui attend le prochain attentat terroriste pour remonter dans les sondages. Et puis, il y a cette histoire à Béziers, cette campagne de peur par le maire, Monsieur Ménard. « Ils arrivent ». Je n’ai pas le choix d’allez sur place comprendre la mentalité des gens. Allez à Nice pour comprendre ce qui ce passe là-bas. Il y a trop de similitudes entre la France et le Québec pour ne pas en parler.

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Pourquoi partir ?

Vous avez peut-être déjà ressenti ce sentiment, en regardant les quatre murs de votre appartement, tout devient blanc, opaque, c’est si ennuyant, comme un peintre qui serait voué à dessiner la même toile jusqu’à l’éternité. Je suis incapable de rester au même endroit trop longtemps, ça me donne la nausée, je ne suis pas en dépression, j’ai le mal de vivre, j’ai soif d’aventures.

Il me reste suffisamment d’argent pour  voyager pendant quelques semaines. L’argent. Ce sujet tabou, ce confort qui nous rend banlieusards et casaniers, la routine. C’était en train de me tuer. J’ai besoin d’un nouveau départ, comme quand j’ai quitté pour Fort McMurray ou pour l’Asie. Cette fois, j’essayerai de trouver mon inspiration en Islande et en France. J’irai me ruiner là-bas. À bientôt, les amis !

Trêve entre inclusifs et identitaires: place au Québec libre

2 octobre 2016 | Roméo Bouchard | Jean-François Hotte | Québec

Jean-François Hotte,  27 ans, génération Y, Star Wars, Montréal.

Étiquette : sale inclusif et bizounours. Indépendantiste.

Roméo Bouchard, 80 ans, génération préboomers, Star Trek, région du Bas-St-Laurent.

Étiquette : vieil identitaire, vilain perdant des deux référendums. Indépendantiste.

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Les dodos de Jean-François Lisée


Cher Jean-François,

Puisque tu comptes «les dodos» avant l’élection, je vais me permettre de te tutoyer. Depuis ce jour-là, tu es un peu devenu le Grand-Papa Bi des Québécois. J’aime l’idée qu’on est devenus amis, toi et moi. J’imagine que si je te vouvoyais, tu me ramènerais surement à l’ordre : « HEYE! Appelle-moi Jean-François, Monsieur Lisée, c’était mon père ! »

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Ma petite sœur, comment je te dirais bien ça !

Voilà que tu repars demain en avion pour la Suède, rejoindre ton mari avec tes enfants, le parfait bonheur pour toi. Ça paraît dans tes yeux, une famille, des bébés, un chum qui t’aime, des voyages. Tout ce que tu désirais. Je réalise aujourd’hui à quel point c’est du travail d’avoir des enfants, surtout deux en si peu de temps. T’es épuisée, mais tu gardes le sourire, je ne laisserai plus jamais un vieux macho dire que c’est facile élever des enfants pendant que les hommes vont travailler. Sincèrement, je ne serais jamais capable de faire ce que tu fais et c’est probablement la chose que tu fais le mieux. Tu le sais, tu me connais, moi pis le bonheur, c’est compliqué. Ton grand frère se cherche encore à 27 ans, et il connaît constamment des hauts et des bas, des peines et des joies. Pendant que tu montes les échelons de la vie plus rapidement qu’Elaine Thompson « Google it », moi, je suis toujours à la recherche d’un sens à la mienne. Tu le sais déjà, dans ma tête c’est embrouillé, mais quand je vais moins bien, tu es toujours là pour moi. Lire la suite Ma petite sœur, comment je te dirais bien ça !

Maripier Morin et Winston McQuade. Même combat.

Des victimes de la société, le temps d’une campagne publicitaire.

Je ressens toujours un profond malaise lorsqu’un publicitaire ou une grande entreprise récupère des enjeux sociaux le temps d’une publicité. Afin de célébrer le 40ième anniversaire de Greiche & Scaff, l’audace des marketeux a monté d’un cran. Lire la suite Maripier Morin et Winston McQuade. Même combat.

La gauche, la droite, pas une raison pour se faire mal !

À la base, le travail du journaliste est de relayer l’information et susciter des débats dans notre société. Le journaliste ne devrait jamais créer de l’information. Il doit plutôt rapporter l’information et les faits en se basant sur des recherches crédibles ou en transmettant les confidences d’un individu sur un sujet en particulier, et ce avec justesse, éthique et intégrité. De son côté, le chroniqueur peut se baser sur des histoires personnelles, sur son intuition, sur ses émotions et ses constatations. Le chroniqueur peut « créer » de l’information et des créateurs d’information, il y en a des tonnes au Québec. Lire la suite La gauche, la droite, pas une raison pour se faire mal !

2034, ma vision pessimiste de l’humanité.

Ce que vous allez lire n’engage que moi, loin d’être un scientifique ou le prochain Nostradamus. À titre d’être humain, je m’efforce d’imaginer un monde meilleur, un monde plus pacifique où il fera bon vivre. Il y a plusieurs enjeux majeurs qui dessineront le futur, des défis d’une envergure mondiale.

Sur le balcon, je fume une cigarette. Déjà là, je n’écoute pas les médecins qui me disent qu’il y a des risques que j’en meure du cancer. Un comportement très humain. On arrête de fumer, seulement lorsqu’on souffre. Les fêtards sont retournés se coucher, bien bourrés, je n’entends plus la musique et le piochage chez mes voisins. Il y a quelques adultes qui jouent à Pokémon Go sur le trottoir, des sédiments perdus du dernier rassemblement, pas loin du Métro Atwater.

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